Notre école à la maison

Notre 5ème année d’instruction libre 1/3 : mon état d’esprit

A chaque septembre qui se profile, j’aime venir écrire par ici. Poser les envies, les plannings, l’organisation à venir, puisés dans l’énergie de l’été. Puis en juin, faire un bilan, voir les changements de direction, les bifurcations réalisées en cours d’année et constater quel sera notre nouveau tremplin.

J’ai finis les derniers mois de notre école maison en mettant en pratique la pédagogie Charlotte Mason. J’en suis toujours aussi conquise. Elle est exigeante c’est vrai mais ouvre ainsi nos horizons et élève notre propre niveau d’exigence. Elle nous aide à voir plus loin.

Je me suis rendue compte du chemin parcouru cet été lorsque je me suis vue faire tout le planning hyper carré. Elle est loin la Maeva des débuts, le radical unschooling. J’ai fais mes propres tests, mes essais et erreurs en ce qui concerne de nombreuses choses dans notre vie : les livres, les écrans, la nourriture, le sommeil, les sorties, les horaires… J’ai tenté des façons de faire pendant quelques mois puis j’ai changé. Je n’ai cessé de faire évoluer notre quotidien pour nous approcher petit à petit de notre idéal à nous, lui-même sans cesse en mouvement.

Notre atmosphère.

J’ai choisi de m’éloigner des réseaux sociaux pour faire mieux connaissance avec moi-même. Lorsque nous sommes bombardés d’images qui agissent sur nous comme de la publicité, nous ne savons plus vraiment qui pense ce que nous pensons : aimons nous ce livre parce-qu’une personne en a vanté les mérites sur Instagram ? Achetons-nous ce jeu parce-que nous en avions vraiment envie ou parce-qu’il a été sur tellement de blogs qu’il est devenu urgent que nous l’ayons aussi ? Personnellement, je ne m’en sortais plus. Hyper-sensible vous dites ? C’est bien possible… Mais alors, en prendre conscience me permet aujourd’hui de prendre de la distance vis-à-vis de ces univers qui appartiennent à d’autres et me focaliser sur le mien. C’est de cette façon que nous pouvons faire des choix qui nous ressemblent vraiment et assumer notre façon de pensée.

Aujourd’hui, je suis passée à un mode de vie plus conciliant : de l’extérieur il donne l’impression que nous avons réduit beaucoup de nos libertés, mais finalement ce sont des choix qui ont été fait pour que chacun, parents et enfants, grandisse et vive au mieux. Poser des limites permet simplement aux enfants de comprendre qu’on ne peut pas faire tout ce qu’on veut. Ça n’est pas possible.

De ce fait, toutes nos journées ne ressemblent plus à des samedis. Je suis revenue du unschooling pur et dur, il n’est plus adapté à nos vies en ce moment. Il n’est plus adapté non plus à ma façon de voir l’éducation. Je me suis réconciliée avec mon autorité et avec mon rôle de guide. On fait souvent des choix ou adoptons des comportements en réaction à notre propre vécue et j’ai longtemps considéré cette fameuse autorité comme un trait de caractère très négatif. Aujourd’hui, je ne suis toujours pas un modèle de bienveillance, mais je l’assume et arrête de culpabiliser pour un rien : je ne peux pas contenter mes enfants toute la journée, tout leur passer. C’est impossible. Je me considère plutôt comme une cheffe d’orchestre, je jongle entre tout le monde et je tranche. Je guide au mieux, j’essaie d’être le meilleur de moi-même et non pas la meilleure personne de l’univers.  C’est ça l’autorité : être le plus juste possible pour tout le monde et montrer la voie. C’est ce qui incombe au parent et non pas à l’enfant.

Tout cela n’enlève en rien au fait de voir l’enfant comme une personne à part entière et le respecter profondément.

La liberté évolue avec l’âge

Les enfants ont besoin de grandes libertés mais ont également besoin de limites, d’un rythme et de rituels constants. Dur dur métier de parent. Mais voyez-vous, je me prépare déjà à l’adolescence. On ne traite pas ses enfants de la même façon selon leur âge. Je crois que dans leur petite enfance jusqu’à 6-7 ans, les enfants ont le droit à une grande liberté de choix dans leurs jeux et activités. Puis qu’entre 7 ans et le début de l’adolescence (autour de 13 ans), ils ont besoin d’être plus encadrés. Ils ont besoin de challenges qui les aide à passer du stade d’enfant à celui d’adulte, progressivement.

C’est pour cela qu’Oleia, malgré le fait qu’il y aura aussi un inspecteur pour elle cette année, ne sera obligée à rien. Par contre, je la laisserai choisir. Elle m’a déjà dit qu’elle aimerait apprendre à lire et mieux connaître les lettres, alors je devrai prendre ça en compte et l’accompagner dans son désir, sans la brusquer. Loueï aura aussi besoin d’attention et de temps de jeux. Ce sera surement le plus compliqué de jongler entre les 3 enfants et leurs besoins. C’est pourquoi Keyo aura un planning clair et précis. Il a déjà goûté à cette façon de travailler les derniers mois de l’année scolaire passée, il ne sera donc pas désœuvré. Je fais en sortes qu’il puisse être le plus autonome possible pour pouvoir rester vigilante auprès de ses sœurs afin d’éviter les débordements. Et créer aussi des moments plus collectifs avec les lectures. Ce ne sera JAMAIS parfait. Mais j’espère être plus patiente que l’année passée, que les choses soient plus fluides et accueillir les imperfections avec plus de lâcher prise et d’humour.

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et filles de l’appel de la vie à elle-même. » Khalil Gibran

Quoi qu’il en soit, les enfants ont besoin qu’on ait foi en eux et foi en nous, peu importe leur âge. Les tempêtes, les doutes, les regrets qu’on traverse ne doivent plus nous arrêter. Ils ne doivent plus faire obstacle à notre façon de voir le présent et de penser l’avenir. Ils ne doivent plus ébranler notre confiance en nous, en nos enfants, en notre conjoint, en la vie !

À très vite pour la deuxième partie de cet article. J’y expliquerai tout le programme que j’ai construits pour l’année à venir.

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