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Oléia a 17 mois et cela fait donc 17 mois que je l’allaite. Je profite de la semaine internationale de l’allaitement pour en parler. #worldbreastfeedingweek

Pour moi, ça a toujours été naturel de devoir allaiter mes enfants. La plupart des femmes de mon entourage ont allaité et il me semble que j’ai rencontré pour la première fois de ma vie une personne pro-biberon lorsque j’avais presque 20 ans. Avant cela, l’allaitement me semblait couler de source (c’est le cas de le dire) et je n’imaginais pas qu’on ne puisse pas aimer allaiter. Mais ça c’était avant. J’ai trouvé ça bizarre au début, le temps de me faire à l’idée, puis j’ai compris que chacun avait une sensibilité différente et que suivant son éducation aussi, on pouvait vouloir allaiter ou non.

Pour moi, c’était vraiment la chose la plus naturelle qui soit. J’en ai déjà parlé sur le blog mais pour Keyo cela n’a pas été aussi simple que cela. Alors quand je suis tombée enceinte d’Oléia, je me suis promis de ne pas me forcer. Personne n’est obligé de faire quelque chose qu’il ne se sent pas de faire. Le fait de me détendre vis à vis de l’allaitement a produit une relation apaisée et utopique avec ma fille. Avant de l’allaiter, je ne comprenais pas qu’on puisse trouver cela fantastique.

Mais elle est arrivée et j’ai changé d’avis. Oui j’ai pu dire que l’allaitement c’est merveilleux, ça a créé quelque chose de magique entre elle et moi. Mais c’est aussi fatiguant. Et ça, on ne le dit pas assez aux femmes. Allaiter c’est vraiment épuisant. Cela prend beaucoup de notre énergie, il faut donc bien manger et prendre soin de soi. Je lisais toujours des magazines alternatifs vantant les bienfaits de l’allaitement sur le sommeil. Moi ça ne m’a pas envoyé d’endorphine (sauf pour Keyo avec lequel je m’endormais en quelques secondes – on ne peut pas cumuler tous les avantages en même temps, ce serait trop simple !), pour Oléia, j’avais les yeux bien ouvert et mettais parfois 1h avant de me rendormir. Toutefois, je co-dodotais ce qui m’évitait de me lever et le repas est plutôt du genre instantané, ce qui est bien pratique aussi ^^

En tout cas, il ne faut pas rester seule avec ses idées ou ses problèmes, les sages femmes conseillères en lactation sont si géniales que je ne comprends pas qu’on fasse si peu appel à elles. Il y a également tout un tas de conseils sur le site de la Leche League.Tout au long de l’allaitement, du début avec les crevasses aux problèmes de régurgitation, de maux de ventre, d’adaptations lors de la diversification, etc. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec un professionnel. L’allaitement c’est naturel mais les bons gestes ne se transmettent plus de mères en filles car les choses ont changé et doivent se réapprendre en quelques sortes.

J’ai traversé des périodes de ras-le-bol avec l’allaitement mais on a toujours finit par trouver une solution. Entre 6 et 9 mois, nous sommes passés progressivement à la diversification alimentaire ce qui m’a permis d’espacer et d’arrêter les tétées de midi et de 16h. Avec l’aide de mon mari également qui embarquait les enfants un jour ou deux par semaine plusieurs heures d’affilée.

Ensuite, elle se réveillait énormément la nuit. Presque toutes les 2h à partir des poussées dentaires (vers 5 mois). J’en suis arrivée à un point, certaines nuits, où je ne supportais plus du tout le contact de sa bouche sur mon sein. Mais là encore, face à ces difficultés nous avons trouvé des solutions. Ma crainte principale était qu’elle se réveillait par faim. Nous avons donc fait un test avec mon mari pendant une semaine de vacances : j’ai dormi sur le canapé et lui avec elle. Si elle se réveillait, je n’intervenais pas. La semaine est passée, elle s’est réveillée de temps en temps et lui la calmait en fredonnant des chansons, en lui proposant de l’eau et en lui caressant le dos pour la rendormir. J’ai donc pris confiance dans sa capacité à tenir la nuit. Et peu après, nous avons déménagé son lit dans une chambre à part.

Aujourd’hui, je peux dire que l’allaitement est également une relation triangulaire. Bien que ce soit la mère qui nourrit, le père a un rôle important à tenir. Combien de fois, j’ai été heureuse qu’il me rassure, me donne un coup de main, m’épaule dans les moments difficiles. Il a aidé de la meilleure manière à ce qu’aujourd’hui, j’allaite encore ma fille et que ce soit resté un plaisir sans contraintes. Une tétée le soir avant de dormir et une au petit matin, voire dans la nuit si elle a beaucoup de mal à se rendormir.

J’ai pris la décision de donner ce que la nature a fait de meilleure mais tout en restant bienveillante avec moi-même. Si Oléia me tire le tee-shirt à un moment de la journée, j’ai le droit de lui dire non. En règle générale, c’est pour me dire qu’elle a faim, alors je la nourris autrement. C’est une petite fille qui prend le sein comme une tétine alors quand je vois que ça commence à s’éterniser, je lui chuchote doucement à l’oreille « Dodo Oléia » et elle lâche le sein.

Je crois que la clef est vraiment dans la confiance : en soi et en son enfant. On a le droit de ressentir des choses, de ne pas en aimer d’autres et je pense que c’est important de le dire à son bébé, même si on a l’impression que ça ne sert à rien ou qu’il ne comprend pas. En fait, si, il comprend, mais le bébé a aussi le droit de manifester son mécontentement et de tester l’irrévocabilité de notre décision ^^

J’allaite depuis 17 mois et si quelques personnes peuvent trouver ça bizarre, je tourne souvent ma réponse en humour : – « Quoi vous l’allaitez toujours, mais elle est pas un peu grande tout de même ? » – « Non, je pense arrêter lorsqu’elle aura 18 ans ! » Pour certaines personnes, il y a un âge où chaque bébé devrait passer au biberon. Mais je crois que cela tient beaucoup du fait, qu’il y a juste peu de mamans qui allaitent au-delà d’un an car ce n’est pas facile dans notre société. Et donc du coup, ça apparait de plus en plus comme bizarre. Pour ma part, je ressens juste beaucoup de fierté à tenir jusque là. J’aimerais beaucoup que l’on arrive à se détacher en douceur, même si je ne suis pas encore pressée. Il est recommandé d’allaiter jusqu’à deux ans au moins.

Et vous, l’allaitement ça a duré combien de temps ?

3 commentaires sur « Allaiter plus d’un an »

  1. Bonjour ! Je crois que c’est mon premier commentaire sur votre blog que je lis pourtant avec attention !
    J’aime beaucoup ce que vous dites de l’allaitement, je le vis de la même manière avec ma fille de presque 7 mois et que je compte encore allaiter un certain temps. Et en effet, bien souvent, la clé d’un bel allaitement, c’est la confiance en soi et en l’enfant. Ce n’est pas toujours facile mais quand on tient bon, à deux, à trois avec le papa, c’est absolument génial !
    A bientôt !

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    1. Oh merci Adèle pour ton commentaire ! Je te souhaite de trouver ton rythme de croisière si ce n’est pas déjà fait et vivre un allaitement serein ^^

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  2. C’est génial de pouvoir vivre un allaitement long et d’aimer ça! J’ai l’impression qu’en tant que parent on est souvent dans l’ambivalence, par exemple j’aime dormir avec mon fils, le porter en écharpe, etre avec lui jour et nuit et la fusion qu’il y a entre nous mais parfois j’aimerai le poser dans un lit, dormir seule, etre un peu moins collé. C’est souvent quand je suis fatigué et que les nuits sont courtes mais dès que je suis un peu reposé j’apprécie à nouveau cette folle relation avec mon bébé. J’ai l’impression que la fatigue est l’enjeu principale des jeunes parents et qu’elle influence toute la relation avec les enfants.

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