Lorsque j’ai commencé à écrire cet article, j’étais plutôt inspirée par la pédagogie steinerienne et j’avais très envie de parler du travail harmonieux entre les mains, la tête et le cœur. Puis les jours sont passés, je n’ai pas eu le temps d’écrire et j’ai finalement un peu perdu le fil de mes pensées. J’ai l’impression d’être très fatiguée depuis une semaine à peu près, la grossesse, les nuits courtes, les activités avec les enfants, … tout cela me rend difficile. La seule chose qui me fait du bien c’est de me rendre à la plage avec les enfants. Nous y sommes bien, autant eux que moi, et pouvons y rester des heures sans problème. J’en profite pour lire, écrire ou m’allonger et eux pour jouer à l’infini. A l’air libre, pas de petites disputes assommantes entre frère et sœur, pas de vacarme, de linge à plier, de vaisselles à ranger, de bazar qui s’entasse, … La plage est quasiment déserte, nous n’avons à nous soucier de personne d’autre que nous et c’est libérateur.

En ce moment, ma patience est riquiqui comme un petit pois et j’ai cette angoisse de ce troisième bébé qui va arriver. Comment gérer la relation avec Oléia ? Je me souviens bien comment cela a été dure avec Keyo, mais il était plus grand. Il savait parler, nous pouvions discuter. Il était plus mature aussi donc plus compréhensif. Mais Oléia a deux ans, c’est encore un bébé. Je sais que c’est une passade mais j’ai plein de petites angoisses comme cela actuellement, une fragilité et une sensibilité à fleur de peau.

J’ai commencé un livre que j’avais envie de lire depuis longtemps maintenant, il s’agit de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent » d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Et qu’est-ce qu’il me fait du bien ! Rien que la première phrase m’a fait un bien fou : « Jamais il ne nous était venu à l’esprit d’écrire un manuel qui enseignerait aux parents comment communiquer avec leurs enfants. La relation entre un père ou une mère et son fils ou sa fille est un sujet très personnel et très intime. Il ne nous semblait donc pas approprié de donner des instructions à qui que ce soit sur la façon de communiquer dans le contexte d’une relation aussi intime. » La phrase donne le ton à tout le livre : aucun jugement. C’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment… Ainsi que lire des témoignages de parents racontant des anecdotes rigolotes sur leurs problèmes avec leurs enfants. Ces anecdotes ne sont pas drôles à vivre mais à lire ; cela fait tellement de bien de sentir que nous partons tous de loin avec nos enfants. Je pense dorénavant que s’il n’y avait qu’un livre à lire quand on est parent, c’est celui-là. Il répond à toutes nos angoisses et nos questions et remet le mot « bienveillance » à sa place. La bienveillance c’est ne pas juger les autres, c’est ne pas donner de conseils si l’on n’en demande pas, c’est juste être empathique et à l’écoute. La bienveillance c’est aussi et d’abord avec soi-même, c’est être authentique.

« En revenant d’une rencontre, j’ai trébuché sur les patins de ma fille dans le hall d’entrée et j’ai dis gentiment : « les patins vont dans l’armoire ! » Je me suis trouvée merveilleuse. Quand elle a levé vers moi les yeux vides  d’expression puis qu’elle a repris sa lecture, je l’ai giflée. »

Voici un exemple de ce qui peut nous sembler tellement contradictoire lorsqu’on fait des efforts au quotidien pour mieux communiquer avec ses enfants. Quand ça ne fonctionne pas, ça décuple notre frustration. Quand on essaye d’être plus patient que ce que l’on est capable d’être, cela joue contre nous. Et parce qu’on pense avoir été trop gentille, on s’en prend de façon disproportionnée à notre enfant. Mais cela ne veut pas dire que c’est fichu, modifier ses réflexes prend un sacré bout de temps. Petit à petit, chaque parent va développer des astuces, des habiletés pour régler les petits problèmes du quotidien sans violence physique ou mentale. Au début, on a l’impression de manquer de naturel puis on trouve nos trucs à nous.

« J’étais une mère merveilleuse avant d’avoir des enfants. J’étais experte à trouver la cause des problèmes que tous les parents pouvaient avoir avec leurs rejetons. Puis j’en ai eu trois, bien à moi. Vivre avec de vrais enfants a de quoi vous rendre modeste. »

Personnellement, de petites phrases comme cela suffisent déjà à me faire du bien. Je me rappelle d’une amie qui participait régulièrement à des réunions pour les parents et qui en ressortait à chaque fois pleine de bonne énergie. Elle était passée tout près du burn out et avait dorénavant cette capacité à tout relativiser. Cela avait changé mon regard sur ces réunions que j’imaginais très moralisatrices. Mais en fait, c’est simplement un lieu où les parents échangent sur leur quotidien et essayent de trouver des solutions pour améliorer leur relation avec leurs enfants. Il faut beaucoup de réflexions et de contrôle pour ne plus voir l’enfant comme un problème mais comme un partenaire, c’est un travail de tous les instants auquel nous ne sommes humainement pas toujours disposés. Depuis hier, je vais déjà un peu mieux. Je suis toujours fatiguée mais je prends du recul sur cette situation et me laisse moins affecter par les petits tracas et angoisses du quotidien.

Alors je mets tout de même ces jolies photos de notre petit moment à trois à carder de la laine et créer une petite forêt de lutins même si cela ne semble pas avoir de rapports avec le sujet. Au fond, ça en a, car beaucoup de problèmes viennent de notre façon de regarder et d’intervenir dans le quotidien en pensant qu’en tant qu’adultes nous détenons la solution. Non, il n’y a pas de solutions au fond, il y a seulement des humains qui doivent ajuster leurs sentiments et leurs émotions et pour cela, il faut laisser faire le temps et avoir confiance en nous.

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