C’est fou, je me rends compte que je vis cette grossesse très différemment des autres. Je me sens plus en confiance, plus sereine, j’ai moins besoin de me rassurer mentalement ou matériellement. J’ai même plutôt tendance à me débarrasser de ce qui m’apparaît comme superflu, j’angoisse moins à l’idée de trouver des solutions adaptées au fur et à mesure… Bref je suis relax ! Tellement relax que parfois je sursaute et me demande quelles sont les choses à faire pour préparer l’arrivée de ce bébé. Eh oh ma poule faudrait pas paraître négligente quoi ! ^^ Mais en fait j’ai beau me retourner les méninges je ne vois pas trop. A part ranger un peu la maison, vider les placards, faire du tri et tout re-ranger un peu mieux qu’avant, je ne ressens plus le besoin de toutes ces choses dont j’ai pourtant eu besoin pour les deux premiers. On m’a demandé à plusieurs reprises si je pensais faire une liste de naissance mais non… à part lister des choses dont on peut se passer, je ne vois pas.

Le matériel : plus de sobriété

Avec les deux précédentes naissances, nous avons déjà eu plein de matériels de puériculture et nous avons fait le tri entre celui qui nous servait et celui qui ne nous servait pas. On nous a offert et donné tout un tas de trucs très pratiques mais aussi très encombrants. Finalement, je constate que l’on peut se passer de pas mal de choses à la longue, même des objets qui pourraient apparaître indispensables comme le lit ou le transat. Ce dont ont vraiment besoin les enfants c’est de contact, d’espace et cela passe par le fait de vivre plus simplement. Alors plutôt qu’encombrer la maison de plein d’objets, même si certains se révèlent très pratiques, nous avons préféré épurer un maximum tout en se laissant la liberté de réaménager si besoin au fur et à mesure de l’âge des enfants. Aujourd’hui, le matériel qui me semble indispensable c’est le porte-bébé, des vêtements et un siège auto pour la voiture, c’est tout. Et nous avons déjà cela.

Pour dormir, nous avons opté pour le cododo donc pas de lit. A la naissance d’Oléia, nous avions eu un petit berceau à roulettes spécial cododo bien pratique à ce moment-là mais maintenant, tous nos matelas sont près du sol, il sera donc inadapté. Toutefois, nous le conservons pour pouvoir déposer bébé si besoin dans la journée dans une autre pièce. Dans la journée, il sera en écharpe ou posé au sol sur un tapis, une peau d’agneau ou une couverture un peu épaisse. Dès leur naissance, les enfants travaillent leur motricité. Il n’y a qu’en les laissant libres de leurs mouvements qu’ils apprennent à se retourner, se mettre assis, se déplacer puis marcher. J’ai eu un transat pour Keyo et Oléia et il est toujours dans le placard mais je ne pense pas l’utiliser. Par ailleurs, les bébés ont besoin d’observer leur environnement donc il y a tout intérêt selon moi à les porter ou les installer dans les pièces à vivre. On les laisse regarder et on peut aussi leur proposer des contacts visuels qui vont les attirer : les contrastes noir et blanc au début, puis des pointes de rouge, des couleurs vives, des dégradés de couleurs. Il y a plein de tuto sur internet inspirés de la pédagogie Montessori avec des choses qu’on peut imprimer, dessiner, fabriquer soi-même ou trouver dans sa maison, sans avoir besoin d’acheter quoi que ce soit.

En ce qui concerne le bain, là encore pour moi pas besoin d’investir dans quoi que ce soit. Je trouve que les baignoires, les transats de bain et autres matériels sont super encombrants. Pour le repas, ce sera du tout prêt à la demande avec l’allaitement donc pas besoin d’investir dans des biberons et le matériel qui va avec. Pour plus tard, je réfléchis au rachat d’une chaise haute d’occasion car étant donné qu’on pense retenter la DME, c’était bien pratique de pouvoir s’installer chacun à sa place et manger tous ensemble tranquillement. Puis pour les vêtements, il y a déjà ceux d’Oléia. Pour les sorties, on a déjà une poussette, une coque et des sièges auto. En ce qui concerne les jouets, il y a tout ce qu’il faut et franchement un bébé préfère toucher les objets de son environnement, offrez-leur des cuillères ils sont les plus heureux du monde ! Bref, un troisième enfant, quand on a conservé les objets précédents et qu’on essaye de vivre plus sobrement, c’est quand même peu de besoins. Le seul investissement auquel je pense sont les couches lavables… Nous en avons un petit peu car pour Oléia nous avons alterner couches lavables et jetables, mais nous l’avons aussi beaucoup laissé fesses à l’air. Alors peut-être achèterons-nous quelques couches lavables supplémentaires histoire de diminuer encore plus notre consommation de couches jetables, mais on en trouve d’occasions sur Le bon coin ; là encore, pas besoin d’investir une grosse somme.

Dans ma tête : zen attitude

Vous le savez peut-être si vous me lisez, Oléia est née à la maison. L’expérience fut tellement forte pour moi qu’il me semblait inimaginable de retourner à l’hôpital. Lorsque j’ai pris la décision de mettre au monde Oléia dans notre chez nous, j’étais un peu stressée quand même, j’avais peur de cette douleur que je ne connaissais pas. J’ai eu besoin de lire beaucoup de témoignages, de méthodes, de façons de se relaxer… également de regarder beaucoup de documentaires sur les femmes enceintes et les accouchements naturels. Mais là, pas du tout. En fait, je me replonge avec plaisir dans certains livres, et j’en découvre des nouveaux, mais cela n’est pas pour répondre à des angoisses mais davantage pour « me mettre dans le bain ». Lors de mon dernier rendez-vous, la sage-femme m’a demandé comment je me sentais. Je lui ai expliqué que j’étais bien, zen et parfois même cela me faisait peur car je me demandais si c’était normal… Alors je crois que oui, accoucher m’apparait maintenant comme la chose la plus naturelle au monde, c’est devenu quelque chose de simple. Alors, d’accord c’est un évènement particulier et très excitant mais je ne ressens pas de peurs, je sais que nous allons faire face aux choses ensemble, Dov et moi, et que cette douleur qui sera là, mon corps va la gérer, il en est tout à fait capable. La venue au monde de cette petite fille sera une fois de plus un moment magique et très puissant.

Alors est-ce que c’est parce-que je suis déjà maman de deux enfants ou est-ce que j’ai juste pris confiance en moi ? Je ne sais pas trop mais tout me semble plus simple qu’avant. J’ai parfois quelques peurs liées à Oléia, j’espère qu’il n’y aura pas de jalousie. Je sais d’avance que la fatigue et la solitude me pèseront parfois mais alors les dessins-animés et les plats Picard deviendront mes amis préférés du monde entier ! On vivra en mode cool, souvent en pyjamas, la maison un peu dégueu (c’est bon pour les anticorps ^^), on se nourrira de Chocapic et d’un peu de salade verte (pour la couleur) à tous les repas et on fera quelques tours de quartier « histoire de prendre l’air ». J’en rajoute à peine ^^. Ce que je veux dire c’est que je ne me fixe pas d’objectifs de vie. Lorsqu’on devient maman, on s’en prend plein la tronche. On a à peine le temps de prendre une douche qu’on nous renvoie déjà l’image de la « mère parfaite » qui a perdu tout son surplus de graisse en quelques jours tandis que nous, on regarde notre ventre tout foutue ; qui fait ses 200 abdos quotidiens et son jogging avec son bébé dans la poussette tandis que, nous, rien que de la regarder on est épuisé ; qui a repris une vie sexuelle trop active avec son amant de mari alors que, nous, on a encore les fils de notre épisiotomie coincé dans le vagin… Bref cette nana sur 100, si rare et si célèbre, dont toutes les jeunes mamans ont entendu parlé et qui nous pourrit la vie ! Non non franchement, c’est ma troisième grossesse et je n’ai plus peur de dire que c’est beaucoup trop inhumain de se faire du mal avec ce genre d’image. On est devenu maman, une page se tourne, on laisse tomber la femme enfant présente à l’intérieur de nous pour s’occuper de quelqu’un d’autre. Oui, que c’est dur ! Et cela le serait tellement moins si l’on pouvait rester l’enfant de quelqu’un quelque part… qu’on prenne soin de nous comme d’un nouveau-né afin que nous puissions entièrement nous consacrer à ce petit être… tout en faisant le deuil de notre nous d’avant, petit à petit. Dire adieu à cette vie où l’on pouvait vivre égoïstement, adieu à ce corps de jeune fille qui n’était finalement vraiment pas mal du tout en comparaison, mais qui n’est plus ; bonjour corps de femme, ses rondeurs et ses cicatrices. Devenir maman d’un troisième enfant me sauve de cette phase si difficile du corps qui a changé et qu’il faut maintenant accepter. Je n’ai plus peur de dire aux autres que, non, les abdos et moi ça fait 10, que le sport me tente vraiment moyennement, et puis j’ai vraiment d’autres choses plus sympas à faire ! C’est fini cet idéal auquel je croyais, je me sens plus belle qu’avant, maintenant que je suis une femme et plus une enfant.

 

5 commentaires sur « Attendre un troisième bébé, ça change quoi ? »

  1. Ahah ça c’est sûr que niveau puériculture on se rend compte que y’a pas besoin de grand chose! Je n’ai que deux choses sur ma liste mais qui pourraitent être supprimées en vrai! Par contre l’accouchement ça me fait mega flipper! J’y pense pas trop pcq j’ai encore le temps (même si ça passe à la vitesse de l’eclaire) mais quand j’y pense, je me rappelle de la douleur et je me dis que ça va être chaud quand même. Puis je me demande comment ça va se passer cette fois ci. Et bon au final je me rassure en me disant que je sais faire et que ça ira mais surtout j’espère que ça durera moins longtemps 😊
    C’est top comme article, ça rassure de te lire!
    Gros bisous😘

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  2. Je me prenais déjà si peu la tête pour le premier, alors ce deuxième bébé… Pour mon fils, nous sommes partis à la maternité, la valise presque vide, sa chambre était à peine meublée, beaucoup de vêtements d’occasion. Bref, la famille pas du tout stressée. Il y a eu quelques achats futiles et inutiles, bien sûr. Là, à 24 SA, rien n’est prêt. Mais qu’y a-t-il à préparer en fin de compte ? Rien de matériel. Mais tout se passe côté émotionnel. Je me lance dans l’allaitement (je n’avais pas osé pour mon fils) et je désire plus que tout que ce petit bout naisse dans notre nid (tâché par les petites mains de mon fils et un peu -beaucoup- en bazar). Premier AAD, donc. Deux choses nouvelles pour lesquelles je dois me préparer (un minimum). D’ailleurs si tu as des conseils (de lecture, ou autres), je suis preneuse. :)
    Bonne fin de grossesse

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    1. Oui je suis complètement d’accord avec toi, la vraie préparation est dans la tête ! Pour ma part, il y a deux livres que je trouve très bien : « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur » de Maitie Trelaun et le livre d’Ina May Gaskin : Guide de la naissance naturelle. S’il fallait choisir entre les deux, je dirais Maitie Trelaun car c’est une sage-femme française, du coup je l’ai senti plus proche de moi, plus authentique. Je ne sais pas trop comment expliquer cela, les américains n’expriment pas de la même manière leurs sentiments et les procédures médicales ne sont pas les mêmes qu’ici… Mais si tu peux lire les deux, lis les deux ^^
      Pour le côté plus « technique », j’avais lu le livre de Bernadette de Gasquet « en pleine forme après bébé ». A lire pendant la grossesse aussi, il parle davantage des suites de couche et je trouve ça important de s’en préoccuper dès maintenant. Perso, après la naissance de ma fille, ce livre m’avait beaucoup aidé.
      Ensuite, en film, il y a le DVD « entre leurs mains » qui est sorti il n’y a pas très longtemps et qui est juste une perle. Et sur youtube, j’adore regarder « le premier cri ». Voilà les lectures et les films qui m’accompagnent pour ces accouchements à la maison :)

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      1. Oh merci pour toutes ces idées ! 🙂
        « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur » trône sur ma table de chevet. Le deuxième, j’en ai entendu parler, en bien. A voir (ou plutôt à lire, donc). Je note aussi « En pleine forme après bébé » que je ne connais pas du tout pour le coup.
        J’ai visionné les deux filmes que tu me proposes (oui, j’ai déjà un peu farfouillé). Autant j’ai adoré « Entre leurs mains », autant « Le premier cri », je suis plus partagée.
        J’essaie aussi de convaincre l’amoureux, plus réticent. C’est surtout sa peur qui parle. Le fameux « Et si… ». Mais je sais qu’il est capable de me soutenir durant l’accouchement, d’être présent « comme il faut » (seul lui doit en douter).

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