La lecture de « Psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim m’a fait l’effet d’un électrochoc. J’avais déjà opéré un changement d’avis en m’intéressant à la pédagogie Steiner mais là j’ai passé une étape supplémentaire. En fait, je suis devenue une fervente défenseuse des contes de fées et je plaide pour les faire (re)venir dans la vie de tous les enfants. Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi.

Un conte de fées est utile à l’enfant dès petit et ce jusqu’à la puberté (environ 12 ans). La lecture de contes va lui permettre de se construire sur tous les plans : physique, intellectuel, social. Vers 5-6 ans, l’enfant entre dans une période où l’imaginaire domine. On l’entend souvent parler seul, se raconter des histoires, … Dans les écoles Waldorf Steiner, la lecture de contes démarrent à ce moment-là pour appuyer cette période afin d’accompagner et enrichir l’imaginaire de l’enfant. Bruno Bettelheim ne spécifie pas à quel moment il est plus opportun de commencer la lecture de contes. Il dit seulement que dès 4 ans et jusqu’à la puberté, les contes prennent un sens pour l’enfant.

Sur le plan psychanalytique, les contes vont donc aider l’enfant dans sa construction intérieur et extérieur à faire face aux « crises de croissance », c’est-à-dire à tous les chamboulements émotionnels qui vont le traverser jusqu’à l’adolescence. A mesure qu’il grandit, l’humain doit apprendre à mieux se connaître. Donner du sens c’est répondre aux questions : qui je suis ? d’où je viens ? où je vais ? C’est ainsi que chacun découvre le sens profond de la vie. C’est tout l’intérêt de l’éducation selon moi.

Manifeste pour grandir avec les contes de fées

Depuis que j’ai commencé à lire des contes de fées il y a quelques mois, je ne me suis plus arrêtée (sauf les soirs de grande fatigue générale, ce qui m’arrive assez régulièrement ces derniers temps avec la grossesse je l’avoue…^^). C’est simple, dans la vie, j’essaye de me laisser guider par les enfants, d’être à l’écoute de leur façon de voir les choses et lâcher prise en me disant « si ça l’intéresse c’est que ça répond à quelque chose chez lui/elle. » Mes enfants aiment les contes de fées. Keyo particulièrement, sûrement parce-qu’il est plus grand et que ça doit prendre plus de sens pour lui. Mais Oléia aussi m’écoute en se lovant contre moi. Mes enfants aiment et les enfants des autres aiment aussi. Il y a quelque chose qui attire leur oreille, leur fait froncer les sourcils, suspend le temps et délie leur langue une fois le conte achevé.

Le conte ne fait pas que divertir l’enfant sur l’instant, il enrichit sa vie. Il enrichit sa vie car le conte est une œuvre d’art qui, à la fois, stimule l’imagination, développe l’intelligence, aide à voir plus clair dans ses émotions, répond aux angoisses et aux aspirations, permet de prendre conscience des difficultés et suggère des solutions. En effet, les contes prennent très au sérieux les problèmes psychologiques de la croissance et les abordent directement – contrairement à nous, parents, qui pouvons être déstabilisés – comme surmonter les déceptions narcissiques, les dilemmes œdipiens, les rivalités fraternelles, renoncer aux dépendances de l’enfance, affirmer sa personnalité, prendre conscience de sa propre valeur et de ses obligations morales. Grâce au conte, l’enfant va se familiariser avec son inconscient, qui est un déterminant puissant du comportement, et faire face à ses fantasmes.

En lui faisant comprendre qu’il existe des solutions momentanées ou permanentes aux difficultés psychologiques les plus pressantes, le conte va permettre à l’enfant de mieux se comprendre et de mettre un peu de cohérence dans la confusion de ses sentiments. « Les contes de fées à la différence de toute autre forme de littérature dirige l’enfant vers la découverte de son identité et de sa vocation et lui montrent aussi par quelles expériences il doit passer pour développer plus avant son caractère. Les contes de fées nous disent que, malgré l’adversité, une bonne vie, pleine de consolations, est à notre portée, à condition que nous n’esquivions pas les combats plein de risques sans lesquels nous ne trouverons jamais notre véritable identité. Ces histoires promettent à l’enfant que s’il ose s’engager dans cette quête redoutable et éprouvante, des puissances bienveillantes viendront l’aider à réussir. Elles mettent également en garde les timorés et les bornés qui, faute de prendre les risques, qui leur permettraient de se trouver, se condamnent à une existence de bon à rien, ou à un sort encore moins enviable. »

Qui a peur des contes de fées ?

« Pourquoi tant de parents intelligents, bien intentionnés, modernes et appartenant aux classes aisées, soucieux du bon développement de leurs enfants, dévaluent-ils les contes de fées et privent-ils leurs enfants de ce que ces histoires pourraient leur apporter ? » interroge Bruno Bettelheim. Il est vrai que les contes, dans leur forme originale, sont devenus impopulaires. Ils sont considérés comme débiles, violents, fantasmagoriques, effrayants… Bref, entre de nombreux parents et les contes de fées, le charme est rompu.

Au quotidien, je pars beaucoup du principe que, devenue adulte, je ne comprends plus les enfants. Je pense souvent au Petit Prince qui dit que les grandes personnes ont d’abord été des enfants mais qu’elles ne s’en souviennent plus très bien. Elles sont ennuyeuses et répondent toujours à côté. Il y a un mystère qui enrobe l’enfance auquel nous n’avons plus véritablement accès, enfermé dans nos certitudes, notre morale et notre perception du réel bien à nous. Or, le vrai des enfants n’est pas le vrai des adultes.

D’abord, la pensée de l’enfant est animiste. Cela signifie que son rapport aux objets inanimés est le même qu’avec les objets animés : le soleil, les cailloux, les jouets, … sont vivants. Jean Piaget (lire « La représentation du monde chez l’enfant » de Jean Piaget) dit que cette façon de pensée reste jusqu’à la puberté, même s’il peut le nier, car pour lui réside toujours un doute : ce qui est inanimé peut être appelé à vivre. Du point de vue de l’adulte, les réponses fantastiques apportées par les contes sont « fausses ». « Il faut une maturité intellectuelle considérable pour croire que notre propre vie peut être stable alors que le sol sur lequel nous marchons tourne à une vitesse incroyable sur un axe invisible ; qu’au surplus la terre tourne autour du soleil ; et qu’elle est propulsée à travers l’espace avec l’ensemble du système solaire. Je n’ai jamais rencontré un enfant prépubère qui pût comprendre la combinaison de tous ces mouvements, mais j’en ai connu beaucoup qui pouvaient réciter toutes ces informations. Ces derniers répètent comme des perroquets des explications qui selon l’expérience qu’ils ont du monde, sont des mensonges, mais qu’ils doivent tenir pour vraies parce que c’est un adulte qui a parlé. Il en résulte que les enfants finissent par douter de leurs propres expériences, et donc d’eux-mêmes et de ce que leur esprit peut faire pour eux. »

L’enfant sera soulagée qu’on lui raconte dans une histoire que la Terre est portée sur le dos d’une tortue ou tient dans la main d’un géant. C’est beaucoup plus rassurant que des explications interminables et factuelles sur le pourquoi du comment la Terre « flotte » au milieu de tout et de rien. L’adulte trouve les lois de l’univers magique mais l’enfant pas encore. Pour construire sa personnalité et avancer dans la vie, l’imagination est aussi importante que la réalité. Les parents qui ne répondent aux angoisses de leurs enfants qu’avec des réponses rationnelles limitent et déroutent l’enfant. Celui-ci peut alors se réfugier encore plus dans ses fantasmes. Finalement, on crée l’effet inverse. On n’aide pas un enfant avec des explications factuelles, le chemin vers l’indépendance demande à l’enfant de faire appel à son imagination.

Par ailleurs, c’est au moment où les chercheurs en psychanalyse ont découvert combien l’imagination de l’enfant peut-être destructrice et angoissée, combien il peut aimer et à la fois détester ses parents, que les contes sont devenus la cible de toutes les accusations. « La majorité des parents croit que l’enfant doit être mis à l’abri de ce qui le trouble le plus : ses angoisses informes et sans noms, ses fantasmes chaotiques, colériques et mêmes violents. Beaucoup pensent que seules la réalité consciente et ses images généreuses devraient être présentées aux enfants, pour qu’il ne soit exposé qu’au côté ensoleillé des choses. Mais ce régime à sens unique ne peut nourrir l’esprit qu’à sens unique, et la vie réelle n’est pas que le soleil. » L’humain est bon mais on doit aussi accepter qu’il ait des sentiments très durs, des émotions vives qui le chamboulent, des fantasmes violents.

De nombreux parents refusent la lecture de contes pour éviter les angoisses et la peur des monstres. Les histoires modernes ont transformé les monstres en gentils personnages mais alors on est malheureusement passé à côté de toutes les significations inconscientes que représentent le monstre. L’enfant serait supposer refouler ses fantasmes désagréables pour n’en avoir que d’agréables. En occultant ce monstre qu’il sent en lui-même, on empêche l’enfant d’apprendre à le maîtriser. « En conséquence, l’enfant est livré sans défense aux pires de ses angoisses. Si notre peur d’être dévoré se matérialise sous la forme d’une sorcière, il est facile de s’en débarrasser en la faisant rôtir dans un four ! […] Le déplaisir initial de l’angoisse devient alors le grand plaisir de l’angoisse affrontée avec succès et maîtrisée. »

De plus, en cherchant à ne pas augmenter les angoisses des enfants, on passe à côté des innombrables messages rassurants des contes de fées. « Si les enfants aiment les contes de fées, ce n’est pas parce que l’imagerie qu’ils y trouvent correspond à ce qui se passe en eux, mais parce-que, malgré toutes les pensées coléreuses, anxieuses, auxquelles le conte, en les matérialisant, donne un contenu spécifique, ces histoires se terminent toujours bien, issue que l’enfant est incapable de trouver tout seul. »

L’art et la manière de choisir et lire les contes de fées

Derrière la notion de contes, on trouve de nombreuses interprétations : histoires inventées, mythes, fables, … et de nombreuses versions : celles de Perrault, celles de Grimm, les version récentes modifiées et illustrées, … Ce n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Déjà, il faut savoir que le conte est optimiste tandis que le mythe ne l’est pas, la victoire est remportée sur soi-même (et sur les méchants qu’on porte en soi) et non pas sur les autres. La fable, elle, raconte des évènements, distrait ou moralise. Le conte est une œuvre artistique inégalable quand il est bien écrit et raconté. C’est un cadeau d’amour comme le dit très bien Bruno Bettelheim.

Pour choisir un conte, il vaut mieux partir sur la version originale, se l’approprier et la raconter de façon vivante (l’idéal étant sans livre). La lecture sur album illustré réduit déjà considérablement les possibilités imaginatives de l’enfant car elles détournent son attention. Un bon conte permet à chaque enfant de se projeter dans le personnage principal. En effet, le conte de fées raconte l’histoire de personnages qui nous ressemblent, ils n’ont pas de noms ou ce sont des noms très communs. Les parents sont anonymes (on les nomme : le père, la belle-mère, un pauvre pêcheur). Les êtres imaginaires (fées, sorcières, géants, …) sont aussi sans noms ce qui facilite les projections. Les vertus du conte de fées ne réside pas dans le fait qu’elle donne des leçons sur la bonne façon de se comporter ; ils permettent à l’enfant d’explorer ses propres solutions en méditant ce que l’histoire donne à entendre sur lui-même.

Contrairement à ce qui se passe dans les histoires modernes, le mal est aussi répandu que le bien représentant ainsi la dualité omniprésente dans la vie de chacun. Les personnages bons et mauvais sont représentés sans ambiguïté. Et à la fin, le bon conte se finit bien. Le crime ne paie pas dans les contes : les méchants finissent toujours par perdre. Il existe par exemple, une version du Petit chaperon rouge de Perrault et une des frères Grimm. La bonne version est celle des derniers, celle qui finit avec le chasseur qui vient secourir la grand-mère et la jeune fille.

Dans les contes, il y a plusieurs niveaux d’interprétation, de compréhension que seuls les enfants seront à même de recevoir. « J’aime bien cette histoire » ne signifie pas j’aime les contes en général, mais ce conte précisément car il m’a parlé. Et alors, il faut le relire, le relire, autant de fois que l’enfant le demande. La lecture d’un conte est suivi par un moment d’échange ou de silence. Le conte doit être digéré. Il est donc très important de prendre le temps après ce conte pour réfléchir, discuter, être à l’écoute.

Certains parents n’ont pas envie de mentir à leurs enfants quand ceux-ci leur demandent « est-ce que c’est vrai ? », « est-ce que les géants existent ? »… J’ai moi-même plusieurs fois été confrontée à ce genre de questions, notamment sur les ogres. Keyo me demande souvent s’ils existent. C’est très dur de répondre à cela par souci d’honnêteté. Plusieurs fois, je me suis sentie désemparée, ne sachant que dire. J’ai finalement trouvé la réponse dans ce livre grâce à J.R.R. Tolkien qui nous dit ceci : « Il ne faut pas répondre à la légère, de façon inconsidérée. Le plus souvent ce que veut dire un enfant c’est « j’aime bien cette histoire, mais est-ce qu’elle se passe aujourd’hui ? », « Est-ce que je suis en sécurité dans mon lit ? ». La seule réponse qu’il souhaite entendre est « il n’y a certainement plus de dragons en Angleterre aujourd’hui ! ». Les contes de fées se rapportent essentiellement non pas à une « possibilité » mais à la « désirabilité ». Il n’est pas question de faits réels mais du souci momentané de l’enfant, une peur ou des sentiments de jalousie. Il suffit de répondre que l’histoire ne se déroule plus à notre époque ou dans notre monde mais dans un pays inaccessible. »

Par ailleurs, qu’un parent lise un conte à son enfant lui apporte du réconfort. Nous approuvons ainsi l’idée qu’ils sont capables de l’emporter sur les géants (c’est-à-dire nous, les grandes personnes). Une lecture en solitaire n’a pas la même conséquence, l’enfant peut penser qu’il n’y a que la personne qui a écrit l’histoire qui comprend ses fantasmes.

Alors si vous aussi, vous êtes novices comme je l’ai été il y a quelques mois, la meilleure chose à faire est d’acheter un recueil des contes originaux des frères Grimm (ou d’en imprimer quelques uns depuis Internet) et d’en piocher un au hasard. Ensuite, il suffit de se laisser porter par l’enfant. Les contes des frères Grimm sont en effet une très bonne référence, ils sont tous des cadeaux d’amour.

Quelques contes cités par Bruno Bettelheim :

  • Recueil des contes de Grimm (attention : les versions originales sont différentes des versions édulcorées Disney. Pour ma part, lorsque j’ai lu des histoires a priori connues par Keyo, j’ai annoncé cela en disant « Alors ce soir, je vais vous révéler la véritable histoire de …). Bruno Bettelheim conseille la version traduite par Armel Guerne, éditions Flammarion, 1967.
    • Les trois langages
    • Les trois plumes
    • La reine des abeilles
    • Les sept corbeaux
    • La petite gardeuse d’oies
    • Le roi grenouille
    • L’esprit dans la bouteille
    • Le riche et le pauvre
    • Cendrillon
    • Blanche-neige
    • Rapunzel (Raiponce)
    • Le petit chaperon rouge
  • Recueil des 1001 nuits : il existe de nombreuses traductions. La meilleure est celle de René R. Khawam, aux éditions Libretto, en 4 tomes. A lire d’abord soi-même et raconter à haute voix. Les 1001 nuits correspondent à 1001 contes qui se suivent. Il n’y a pas toujours une fin heureuse chaque soir car l’histoire n’est en fait pas finie vu qu’elle se suit sur plusieurs nuits.
    • le pêcheur et le génie
  • Des contes anglais/écossais
    • Le super recueil en anglais English fairy tales de Joseph Jacobs (avec notamment la série des Jack). Malheureusement, il n’a pas été traduit et je n’ai pas trouvé de recueil de contes anglais traduits en français…
    • Les trois souhaits (à l’origine un conte écossais mais on trouve des variantes dans toutes les cultures)
    • Jack et le haricot magique/ou le tueur de géant (version traduite ici)
    • Les trois petits cochons (dans la version originale, les deux premiers petits cochons sont mangés par le loup, lire ici). La version imprimée la plus ancienne est tirée de Nursery Rhymes and Nursery Tales de J. O. Halliwell
    • The little engine that could de Watty Piper (La petite loco qui pouvait). Traduit et édité en version album jeunesse avec comme titre « Ti train ». Texte en anglais ici.
  • Autres
    • La belle et la bête (version de Madame le Prince de Beaumont)
    • Le Petit prince de Saint-Exupéry
    • Le vaillant petit soldat de plomb de Hans Christian Andersen
    • A l’est du soleil et à l’ouest de la lune (conte norvégien)
    • Contes populaires berbères de René Basset
    • Contes d’Andersen (version conseillée : le livre de poche classique, Mercure de France, 1939. 3 volumes)

Voilà, voilà ! Je voulais publier cet article depuis un moment déjà mais il fut long à écrire. Personnellement, dans nos choix de lecture du soir, j’ai arrêté la lecture de romans à haute voix pour me concentrer sur les contes. J’ai l’impression que ça répond mieux aux besoins des enfants actuellement. Je ne sais pas si c’est Keyo qui grandit et si les contes ont eu une quelconque incidence mais j’ai eu l’impression que de nombreux petits problèmes du quotidien s’étaient amoindris et que Keyo avait énormément développé son imaginaire. Je vous rassure, il n’y a rien de magique, il nous arrive toujours de ne pas être d’accord et de nous disputer mais j’ai l’impression de faire face à un enfant plus mature, avec lequel nous pouvons davantage discuté.

Par ailleurs, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce livre. Il me semble qu’il devrait être sur toutes les tables de chevet des parents tant il apporte un éclairage incontournable sur la construction psychologique de l’enfant. Dans le livre, vous trouverez de nombreuses analyses de contes et des conseils de lecture selon les chamboulements émotionnels auxquels vous pensez que votre enfant fait face.

Alors convaincu(e) par l’importance de lire des contes de fées à ses enfants ? Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

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7 commentaires sur « De l’importance des contes de fées »

  1. Je ne peux qu’apprécier cet article ! (un peu comme tous les autres d’ailleurs, j’adore ton blog qui met souvent les mots sur ce que je souhaite faire et vivre avec ma demoiselle).

    Les contes de fées sont de plus interconnectés et trouvent leurs origines dans de nombreux pays, différentes situations. C’est bien une preuve de leur universalité. Mon ancienne directrice de mémoire a d’ailleurs écrit un livre sur ce réseaux de contes et c’est très intéressant (Contes en réseaux : l’émergence du conte sur la scène européenne).

    Merci de redonner aux contes leurs lettres de noblesse Maeva !

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    1. Ah super, c’est bon à savoir ! Nous on a seulement quelques contes sur CD de Perrault, je les trouve un peu durs et moralisateurs selon les versions. Mais mon fils a eu sa période où il les écoutait en boucle…

      Aimé par 1 personne

  2. Très intéressant. J’ai moi même beaucoup lu de contes enfant. A partir de 8 ans (à 3 ans on m’a lu le petit chaperon rouge j’ai fait beaucoup de cauchemars et beaucoup pleuré à cause de ce conte) jusqu’à l’adolescence. Les contes de grimm et Perrault, les contes du chats perchés, les contes irlandais, Andersen, contes des îles… Puis même si ce n’est pas un conte mais une légende, j’ai été transporté par la légende de la table ronde, une véritable fascination. Aujourd’hui, encore, j’espère au détour d’une foret croiser Merlin ou une fée, sait on jamais!

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    1. Oui les légendes sont aussi super fascinantes. Je sais qu’en pédagogie Steiner, il les intègre dans les lectures davantage vers 8-9 ans. Moi je n’ai pas autant de souvenirs comme les tiens. Je me souviens seulement des histoires inventées qu’on écoutait dans le noir, au moment de nous endormir. J’adorais ça ! Tu te souviens ce qui t’avais marqué comme ça dans le Petit chaperon rouge ?

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      1. Tout dans le conte du petit chaperon rouge m’avait effrayé. J’écoutais l’histoire sur une cassette; la poursuite du loup dans la foret, a balade de cette enfant seule dans la foret, le fait qu’il mange la grand-mère, la petite fille. Bref; j’en ai cauchemardé durant des années. Je crois que j’étais trop petite simplement. Ces contes sont parfois très effrayants et il suffit d’un petit détails, insignifiant pour un adulte mais qui marque un enfant. J’ai d’ailleurs vu le conte mis en scène au théâtre par joel pommerat où suggère de façon symbolique que le loup est un homme qui viol la petite fille. De quoi effectivement trembler de peur. Barbe-bleue est aussi sympa dans le genre « gore » (mariage forcé, mari violent serial-killer qui séquestre et tue des femmes) mais pour les plus grands c’est juste ce qu’il faut de frissons de peur. A partir de l’age de raison ça devient interessant. Je me souviens qu’en colo on nous lisait les contes et légendes qui font peur et j’adorai! Signe de ma passion adolescente pour Stephen King mais ça c’est autre chose!

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        1. Ah oui et puis les trucs sur cassette peuvent être très effrayants, ils mettent de la musique, influencent les choses. Moi ça m’a fait la même frayeur avec Pierre et le loup, j’en ai gardé d’horribles souvenirs alors que je l’ai réécouté il n’y a pas longtemps et en fait il fait pas peur et se termine bien lol mais Bettelheim dit justement que le conte se lit (dans sa bonne version), il ne s’écoute pas ou ne se voit pas. Bien raconter un conte pour que ça serve vraiment l’enfant, c’est tout un art. Barbe bleue c’est en effet un truc un peu « gore » pour les plus grands mais j’ai eu l’impression que Bettelheim n’était pas fan des contes de perrault car il ne correspondait pas au « cadeau d’amour » auxquels les contes doivent correspondre. Et juste pour revenir au petit chaperon rouge, il dit qu’il y a plusieurs analyses psychologiques selon dans quel moment est l’enfant, le loup et la grand mère peuvent symboliser la dualité de la figure maternelle à la fois douce et violente (on se transforme en loup quand on se met à crier), mais aussi la découverte de la sexualité et de ses fantasmes qui font peur à l’enfant. Bref, peut être pourras tu te « réconcilier » avec le petit chaperon rouge grâce à ce que Bettelheim en dit, si tu as l’occasion de le lire ;))

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