Il y a beaucoup de similitudes entre la méthode de Danièle Dumont et les pédagogies alternatives, comme celles de proposer à l’enfant d’écrire de grandes lettres plutôt que tout petit entre des lignes ou encore explorer les sensations du toucher sur différentes matières.

Nous avançons petit à petit dans la rééducation (le premier article avec le pourquoi du comment ici), les activités dirigées n’étant pas notre fort. Plus globalement, je compte aussi sur les petits trucs du quotidien (reprendre la tenue des couverts à table par exemple) le jeu libre et les apprentissages autonomes (Keyo est dans une période où il dessine et écrit beaucoup de lui-même, j’observe la tenue des crayons et intervient légèrement sans interrompre son travail).

Aujourd’hui, nous avons fait un petit travail de graphisme. Danièle Dumont est très critique envers les fiches de graphisme classiques. D’abord, l’enfant ne doit pas être restreint par le fait de commencer une ligne à un certain endroit et la finir à un autre, ni avoir le geste déterminé par les dimensions de lignes. L’espace nécessaire à l’enfant ne doit être dicté que par lui-même et ses capacités propres en fonction de son corps, son âge, la taille de ses doigts. Les exercices de graphisme classiques sont considérés comme des supports à l’entrainement de la motricité des doigts alors qu’ils peuvent créer des blocages, l’enfant se focalisant beaucoup trop sur la reproduction du modèle, déplaçant seulement le bras sans bouger les doigts, réalisant des formes sans rapport avec la forme des lettres, … Bref, tous les exercices de graphisme ne sont pas des gestes de préparation à l’écriture.

Il existe deux formes de base dans l’écriture manuscrite : la boucle et le pont. Deux formes dérivent de la boucle : la coupe (qui avance comme la boucle mais sans tourner en sens antihoraire) et le rond (qui tourne en sens antihoraire comme la boucle mais sans avancer). Ensuite il existe des formes secondaires (le jambage et les spécifiques). L’apprentissage de la boucle entrainera l’apprentissage de ses dérivés et étant donné son importance, il va de soi que ce soit cette forme sur laquelle le travail commence. Avant de passer à l’écriture, les petits ont besoin de jouer (pour l’école, Danièle Dumont conseille le jeu du croquet, des chorégraphies avec des foulards, …). Les plus grands qui ont acquis une certaine souplesse vont pouvoir se sentir à l’aise avec le mouvement de la boucle (on « fait un mouvement » pas « un dessin »).

L’activité de graphisme inspiration Waldorf du jour est toute simple à réaliser : il faut un support qui glisse et de la peinture à doigt. Pour le support, une table directement (sur laquelle on passe un coup d’éponge après) ou du tissu ciré (blanc uni ou transparent c’est l’idéal sinon jaune citron comme moi ^^). On met un peu de peinture sur le support, on étale avec la main gauche et on utilise l’index de sa main droite (le contraire si on est gaucher). Pour recommencer, il suffit de repasser la main gauche comme pour effacer un tableau, et ça repart ! La peinture à doigt part très facilement à l’eau et au savon mais prévoir tout de même des chiffons sur le moment ^^

A l’âge d’Oléia, c’est une expérience sensorielle très sympa. Pour Keyo et dans notre optique de rééduquer son geste d’écriture, il s’agissait de travailler sur la souplesse et la fluidité du geste. Je lui ai proposé des exemples de boucles : des boucles de mêmes dimensions et de dimensions différentes (alterner un l et un e). Et je l’ai laissé faire comme il voulait sans davantage de consignes. Il a voulu tenté de la main gauche au début ce que je l’ai laissé faire et il a bien remarqué qu’il se sentait moins à l’aise avec. C’est un test important pour l’enfant je crois.

Ensuite, on a avancé encore un peu sur notre cahier d’exercices avec des traits verticaux. L’occasion pour moi de me rendre compte qu’il avait une main plus ferme et plus souple. J’ai de nouveau insisté sur le fait que son poignet et son avant bras devait bien resté en contact avec la table (on place la feuille ou le cahier un peu en biais, vers la gauche pour les droitiers, vers la droite pour les gauchers). Keyo trouve aussi que c’est moins difficile comme cela car son bras est plus relâché.

Autre point qui aide Keyo, c’est de fermer les yeux avant de faire les mouvements d’écriture. Cela lui permet d’installer une image mentale du travail à réaliser et éviter ainsi les hésitations. Dans son livre, Danièle Dumont explique que les enfants à l’image de soi dévalorisée ou les enfants craintifs réussissent mieux les boucles les yeux fermés que les yeux ouverts. L’écriture est destinée à être lue, aussi elle s’accompagne de la peur du jugement de l’autre. Fabriquer une image mentale avant de se lancer aide l’enfant à s’exprimer et à avoir des gestes plus sûrs.

Et voilà pour nos petites aventures en territoire d’écriture ^^

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