Deux ans déjà. Il est venu le temps de dresser un petit bilan pour moi, faire de la place dans ma tête avec ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, les points de difficulté et de réussite, afin de roder notre troisième année et surtout me débarrasser des moments de stress.

Ce qu’on tente de lâcher…

La première année d’instruction en famille est passée à une allure folle. Je ne me suis pas posée de questions. Keyo était censé être en Grande Section, il n’y avait pas d’inspection, nous avons donc profité de ce temps disponible pour jouer, visiter, rencontrer, nous amuser, sans nous soucier d’un quelconque compte-rendu des apprentissages. La seconde année a été plus éprouvante car j’ai beaucoup tâtonné. Keyo n’était toujours pas prêt pour du formel, je ne savais pas par quel bout commencer, j’ai eu des grands moments de doute, des moments où j’ai voulu une organisation du tonnerre et d’autres fois où j’ai préféré lâcher prise. Ça a été les montagnes russes pendant quelques mois puis l’inspection est arrivée.

J’ai vécu ce moment avec beaucoup de difficultés. Comme j’en parlais dans cet article, je me suis sentie littéralement épuisée. J’avais mis tant d’énergie, tant de stress, qu’une fois l’inspectrice partie, je suis allée me recoucher ne tenant quasiment plus sur mes jambes. Malgré tout, cela a aussi été un moyen de mieux connaître mon fils. J’ai eu l’impression de prendre davantage la mesure de sa sensibilité et de son manque de confiance en lui. Alors avec le recul, je me dis que c’était un mal pour un bien. Cela dit, depuis la fin de cette inspection, je pense déjà à la prochaine. Je ne me suis pas (encore) lestée du stress que les contrôles engendrent chez moi…

J’ai perdu beaucoup de temps à essayer de faire des plannings qu’on ne tenait pas. S’il y a bien une chose que j’abandonne c’est celle-là. Nous ne sommes pas fait pour une organisation réglée à la minute et je n’aime pas cela. J’ai la sensation que faire un planning nous emprisonne, nous qui avons pourtant fait le choix de l’école à la maison pour plus de liberté.

J’ai également perdu beaucoup de temps à chercher des méthodes, des cahiers, des idées, … dont je n’avais finalement pas besoin. Cela était lié à un manque de confiance en moi que j’essayais de combler en cherchant mieux, en dépensant trop. J’ai enfin décidé de faire des choix, me contenter de ce que nous avions (ce qui est déjà beaucoup), faire quelques dépenses pour la rentrée afin d’être à jour pour le programme de CE1 et aller au bout de ces cahiers plutôt que de m’éparpiller.

On me demande souvent « est-ce que c’est dur ? ». Parfois oui. Dire le contraire serait mentir. Mais comme dans tous les choix de vie, il y a des avantages et des inconvénients. Ce qui est difficile c’est le poids de la responsabilité de l’éducation des enfants. Elle m’est entière. Je dois me faire confiance et ce n’est pas toujours simple. Parfois les autres nous font douter, parfois je doute toute seule, parfois j’aimerais faire plus, faire mieux, mais cela ne fonctionne pas. Puis les moments de doute finissent par s’envoler…

Ce qui est également dur c’est de se dégager du temps pour soi, pour ses projets, pour ses activités. Heureusement, le papa des enfants est là et le thème de l’éducation est central dans ma vie. Je reprends même mes études dès octobre prochain dans l’espoir d’obtenir une licence en Science de l’éducation. J’aimerais poursuivre mes études plusieurs années avec l’idée d’aller jusqu’au doctorat et pourquoi pas me consacrer à la recherche sur les pédagogies alternatives et surtout l’instruction en famille. C’est une idée qui est là et fait son chemin…

 

Nos combats

Keyo a 6 ans et demi maintenant. Et plus je l’observe au quotidien, plus je me dis que la vraie rentrée CP pour lui aurait du être ce septembre 2017. Il est né le 4 décembre. Un fin d’année. Et la différence de quelques mois est tellement importante. Dorénavant, il ne rechigne plus à faire des temps formels (bon, pas trop longs non plus ^^), il a pris confiance en lui, prend plaisir à travailler sa lecture, son écriture, … Je pense que lui avoir laissé la liberté de gérer son temps et ses activités lui ont permis de se libérer de toutes les contraintes qu’on lui avait imposé trop tôt. Et la maturité qu’il a pris en parallèle lui permet de comprendre maintenant l’enjeu de certains apprentissages.

J’ai lu un article très intéressant de Celine Alvarez il y a quelques jours. Elle parle de combat. C’est exactement ce que je ressens. Il y a les centres d’intérêt, les loisirs, les activités diverses à la maison ou en extérieur, puis il y a nos combats. Les apprentissages que l’on doit mener pour atteindre nos objectifs. Pour Keyo, son combat principal est celui d’améliorer son écriture. Il l’a bien compris et l’a accepté lui qui pleurait l’été dernier à l’idée de faire un « a » en cursif. Son deuxième combat est la lecture. Keyo a saisit le principe des sons, il lit des mots simples mais il a besoin d’entrainement pour rendre tout cela plus fluide.

Comme je le disais plus haut, j’ai fais quelques achats pour préparer le niveau CE1 : je lâche le programme des éditions Nathan que j’ai trouvé mal fait pour le programme de la collection Boscher avec le cahier de lecture et des petits livres dont j’avais déjà parlé ici. J’ai acheté, pour le tester, un petit livre de la collection « j’apprends à lire avec Sami et Julie » et c’est vraiment pas mal du tout. J’attends la réaction de Keyo, si elle est positive, j’en achèterai d’autres. Et pour finir, j’ai également pris la suite des cahiers d’écriture de Danièle Dumont, niveau CP/CE1, je les ai feuilleté et j’en suis très satisfaite. J’aime beaucoup cette méthode (merci du conseil la conseillère pédagogique !). Alors, pas question pour moi d’aller plus vite que la musique. L’important reste le rythme de Keyo. Nous n’avons pas encore terminé les trois petits cahiers de Danièle Dumont pour la maternelle, nous n’avons pas non plus fini le programme de CP ni le cahier d’activités des Alphas. Chaque chose en son temps. Si l’on démarre l’année de CE1 en janvier 2018, ce sera comme ça. L’important c’est qu’il ait le temps de comprendre ce qu’il apprend et assez confiance en lui, en ses capacités, pour passer au niveau au-dessus.

 

 

Il n’y aura plus de planning mais 4 points essentiels à tenir :

  • Keyo devra s’inscrire à une activité. C’est non négociable. Cela fait plusieurs mois qu’on lui en parle et qu’on lui dit d’y réfléchir. A priori, il se dirige vers de l’escalade ce qui me parait être une très bonne idée et correspondre à son caractère de « leader sensible » : c’est une activité où l’on doit repousser ses propres limites tout en ayant un esprit collaboratif et en respectant des règles de sécurité importantes.
  • 30 minutes de formel à peu près tous les jours. Nous avons déjà commencé depuis une semaine. Nous avons plusieurs cahiers que nous alternons chaque jour. Une fois l’un réalisé, on le met en dessous de la pile pour passer au suivant le lendemain. C’est fluide, rapide, ça change d’un jour à l’autre, pas le temps de s’ennuyer. Bref, ça fonctionne !
  • Beaucoup de sorties en extérieur. Être un peu mieux rodé en préparation de pique-nique et goûter, avoir le nécessaire dans la voiture pour les improvisations de dernière minute, se sentir aussi bien chez nous que dehors. Bref, être mobile ! Les enfants passent des journées incroyables quand nous sortons tandis qu’ils finissent toujours par se disputer lorsque nous restons enfermés. De plus, le soir ils dorment mieux et je n’entends pas des « je m’ennuiiiiiie » plaintifs à longueur de journée (sous-entendu « maman, je peux regarder la télé? »).
  • Lire quotidiennement des romans et des contes vivants et inspirants, même si ce n’est que quelques minutes, afin d’enrichir leur imaginaire, leurs connaissances, afin de les faire réfléchir, s’interroger, questionner, afin de passer un moment ensemble et leur apporter d’autres sources d’inspiration qu’ils ne seraient pas aller chercher par eux-mêmes.

Pour conclure, ces deux années ont été tellement enrichissantes pour moi, pour nous. Nous avons vécu à Strasbourg puis près de Nice, nous avons rencontré des tas de personnes formidables, nous nous sommes fait des amis extraordinaires, nous avons découvert des lieux magiques et le plus fou c’est que tout cela ne fait que commencer. S’il y a bien une chose que je retiens c’est que l’école à la maison j’aime toujours autant ça, et les enfants c’est pareil. Bref, on n’est pas prêt d’arrêter !

 

Enregistrer

4 commentaires sur « Deux ans d’école à la maison : le bilan »

  1. En tout cas, tu ne perds par le fil…même avec Loueî. Bravo ! Super l’idée du doctorat…Tu auras déjà beaucoup de matière avec tout ce que tu fais. Ton bilan, c’est la vie, les moments de doutes, de remise à plat, d’avancée…Je te comprends pour les planning, c’est stressant parce que très difficile à tenir. par contre le grand air….Bisous

    Aimé par 1 personne

    1. Oui l’organisation c’est le plus dur. On est maître de nos horaires du coup l’avantage c’est la liberté, « l’inconvénient » c’est de trouver le bon équilibre et c’est pas toujours simple

      Aimé par 1 personne

Parlons-en !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s