Un an avec… l’Hygiène Naturelle Infantile

Loueï est née en période caniculaire donc j’ai vite abandonné les couches pour qu’elle soit plus à l’aise. J’avais déjà testé l’HNI avec Oléia et j’avais envie de le faire aussi avec Loueï.

Aparté : je vous préviens, dans cet article on parle pipi, caca, prout en toute liberté. Passez votre chemin si vous êtes entrain de manger ^^

HNI, Kezako ?

HNI est l’abréviation française d’Hygiène Naturelle Infantile. Je lis souvent que l’HNI c’est ne pas mettre de couches à son enfant. Or c’est très réducteur. En anglais, on parle d’Elimination Communication que je trouve plus approprié. Cela consiste à être à l’écoute du besoin d’élimination de son enfant car, oui, contrairement à ce que l’on peut penser, l’enfant communique sur ce besoin. Il s’exprime lorsqu’il a envie de faire pipi ou caca, et ce dès le plus jeune âge. Tout comme il exprime ses autres besoins : faim, fatigue, chaud, froid, douleur… par des pleurs, des mimiques ou des petits bruits.

Contrairement aux idées reçues, un bébé sait qu’il a envie de faire pipi/caca/prout et il peut même se retenir. Surtout les premiers mois de sa vie si on l’accompagne et qu’on lui répond. Si on n’y prête pas attention, le bébé apprendra à ignorer ce besoin et fera pipi/caca dans sa couche sans l’exprimer.

Comment peut-on accompagner son bébé et répondre à ses besoins d’élimination ?

  • Le laisser à moitié nu au début est intéressant car cela nous permet de voir comment bébé manifeste son besoin d’élimination : est-ce qu’il grogne, pleure, pousse, fait des bruits spécifiques, se tortille… ?
  • Les nourrissons ne gesticulent pas encore dans tous les sens. On peut le poser sur une serviette ou le prendre dans les bras avec une serviette autour de la taille
  • L’important c’est la communication : on parle à l’enfant. Quand on sent qu’il s’agite, on peut lui demander s’il a envie de faire pipi/caca et quand on voit qu’il élimine, on décrit ce qu’il est entrain de faire : « tu fais pipi ».
  • Une fois qu’on a capté un peu le comportement du bébé quand il a besoin d’éliminer, on peut l’aider en le mettant dans la position la plus physiologique qui soit : l’accroupi.

{L’accroupi c’est juste la meilleure position du monde pour soulager les prouts/caca/pipi et donc les coliques !

Lorsque bébé naît, il n’est pas encore musclé au niveau de son périnée et de ses abdominaux. Expulser ses gaz n’est pas facile. Et comme il ne peut pas se mouvoir de lui-même, beaucoup de gaz sont retenus à l’intérieur. On dit qu’à trois mois les coliques passent, c’est surtout qu’à trois mois, les bébés commencent à faire un mouvement de balancelle au niveau de leur ventre et en yoga c’est une position magique pour évacuer les gaz en remontant les genoux au-dessus du nombril (même quand on est grand… avis à vous qui faites de l’aérophagie si vous me lisez ^^).

De plus, certains bébés retiennent leurs urines car on ne communique pas avec eux là-dessus et quand on se retient de faire pipi, on a souvent des gaz aussi qui s’accumulent. Bref, les bébés se trouvent pris dans un cercle vicieux. Donc si vous avez des petits bébés, en plus des massages et de la position panda, essayez la position accroupi, elle est vraiment magique !

Loueï n’a jamais fait de coliques contrairement à Keyo et Oléia et c’est la seule avec qui j’ai fais l’HNI dès le début de sa vie (j’ai commencé l’HNI avec Oléia vers ses 8 mois), et la seule avec qui j’ai utilisé cette position.

Après je sais qu’il n’y a pas que cela qui peut aider pour les coliques : faire attention à son réflexe d’éjection quand on allaite, être beaucoup (beaucoup, beaucoup) dehors (l’intérieur stresse les bébés), porter de façon physiologique (en mode grenouille, genoux remontés au dessus du nombril)… tout cela peut aider à faire passer cette période vraiment compliquée.}

  • On peut mettre l’enfant au dessus d’une bassine, du lavabo, de la baignoire, de sol dehors ou au dessus d’une serviette à la maison.
  • Surtout on est là pour accompagner l’enfant, pas pour le forcer. On ne force pas un enfant à manger ou dormir. C’est lui qui décide. On peut attendre quelques minutes mais si le pipi/caca ne vient pas c’est que bébé n’avait pas envie. La clé c’est de ne pas avoir d’attentes. On n’espère pas qu’il fasse pipi ou caca. On n’espère pas avoir raison ou tort. On essaie de comprendre bébé, c’est tout.
  • On peut créer un rituel autour du pipi/caca comme quand on crée un rituel autour du coucher. Par exemple, on dit à l’enfant qu’on a l’impression qu’il a envie, on lui explique qu’on va le mettre dans telle position mais qu’il ne s’inquiète pas, on le tient bien, il ne va pas tomber,… on lui explique qu’il y a un pot/un lavabo/… sous lui et on peut ensuite faire des petits bruits (tssssss, pic pic pic, ou chanter doucement). On peut aussi mettre un peu d’eau qui coule dans la baignoire, des fois ça aide bébé à se détendre.

Sur la durée

En 1 an, il y a eu des périodes plus ou moins propices à l’HNI en fonction de la météo, de notre disponibilité, de nos déplacements… Par exemple, en hiver, Loueï était vraiment beaucoup plus en couches lavables

Et du côté de Loueï aussi. Autant il y a eu des périodes où elle était super réceptive à la position accroupie, autant à d’autres moments pas du tout.

Mes hypothèses : elle voulait faire pipi sur le sol et pouvoir toucher son pipi, elle voulait faire pipi toute seule, dans son intimité, sans que je sois là, elle en avait peut-être marre de cette position, elle voulait faire pipi dans sa couche, elle essayait de se retenir …

Equipements

L’HNI c’est quand même un truc assez écolo, du coup on fait vraiment des économies mais par contre il y a quand même des machines à faire pour peu qu’on utilise des serviettes sous les fesses la nuit.

J’ai acheté quelques trucs sur Ecopitchoun : des carrés de laine à lanoliser ( avec de la lanoline, de la graisse de mouton), des alèses lavables, un bon paquet de langes et un pot physiologique.

J’avais une peau de mouton qui, lanolisée, est top comme alèse.

En vêtements faciles à enlever et remettre il y a les pantalons à fentes ou les body/pyjamas à élastiques et non pas à boutons pression.

On peut aussi avoir des serviettes, des alèses jetables/lavables… Le but de l’HNI ce n’est pas de vivre dans le pipi et le caca. Une fois qu’on a capté les signaux de bébé, on peut aussi le mettre en couche tout en surveillant ses expressions et en étant disponible.

Et la nuit ?

Aux grosses chaleurs ou lorsque Loueï a eu des érythèmes fessiers, je prévoyais 3 grosses serviettes pour la nuit que je mettais sous ses fesses et que je changeais la nuit. De cette façon, je me suis aperçue de la fréquence de ses pipis nocturnes : à peu près 3 environ.

Sinon, j’ai beaucoup plus utilisé des couches la nuit. Je pense que si je n’étais pas aussi fatiguée, je lui proposerai le pot la nuit. C’est déjà arrivée et ça a fonctionné, mais Oléia se réveille aussi encore parfois et je n’assume pas les multiples réveils nocturnes.

Les inconvénients de l’HNI

  • Peut occasionner des machines supplémentaires certains moments
  • Nécessite de la disponibilité et de l’attention
  • Il y a des accidents : on n’est pas toujours vigilant, on ne se comprend pas tout le temps donc oui avec l’HNI il y aura des cacas et des pipis sur papa et maman. Ça nous est arrivé plusieurs fois et on est toujours vivant !

Les avantages de l’HNI

  • Peu d’équipements
  • Moins de machines que les couches lavables
  • C’est la méthode la plus naturelle pour bébé : confort optimal
  • Jamais d’érythème fessier ou les soulage en 24h
  • Mais le plus gros avantage de l’HNI c’est vraiment le lien très très fort que ça crée entre le bébé et les parents. C’est vraiment dingue de comprendre son bébé de quelques semaines à peine ou même de plusieurs mois. Dov comme moi sommes d’accord là-dessus : quand on se dit que Loueï a envie de faire pipi, qu’on la met au-dessus de la baignoire et qu’elle fait pipi, on est juste trop trop fiers ! Fiers de se comprendre, fiers d’avoir su communiquer, fiers d’avoir pu répondre à un besoin aussi naturel que celui d’éliminer ce qu’on boit et mange. Fiers que notre bébé se sente écouté et considéré dans tous ses besoins. On arrive à se comprendre sans se parler avec des mots mais en faisant attention les uns aux autres. Personnellement, ça me donne encore un nouveau regard sur les bébés et toutes leurs capacités insoupçonnées.

Vous connaissez l’HNI ? Déjà testé ou l’envie de le faire avec votre enfant ?

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4 Replies to “Un an avec… l’Hygiène Naturelle Infantile”

  1. Bonjour Maeva.
    Ton article m’a beaucoup intéressée. J’ai découvert l’idée du HNI lorsque l’Enfant avait un an environ… (je l’avais lu quelque part sur internet, l’idée ne me serait jamais venue toute seule !) et j’ai trouvé cela tellement stimulant que je l’ai mis en place doucement à la maison. Cela n’a pas duré très longtemps, l’Enfant était déjà « grand », il voulait se débrouiller seul et il a été « propre » (je veux dire, complètement autonome avec les pipis et cacas) seulement quelques mois après. J’avais alors envie de retenter l’expérience, avec un enfant plus petit ! Seulement voilà, je crois que vouloir tenter l’HNI n’est pas une raison suffisante pour fabriquer un deuxième enfant tout entier ;-) Merci donc d’avoir partagé comment cela se passe chez vous. Ca rattrape un peu l’expérience manquée avec l’Enfant :-)

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  2. Merci pour toutes ces explications ! J’ai voulu essayer avec ma première fille et n’ai pas eu de succès. J’imagine la fierté que l’on ressent quand on arrive à comprendre les signaux ! C’est vraiment une belle preuve de communication avec bébé !

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