Au quotidien Notre école à la maison

Se battre pour nos libertés

Et me voilà ! Je ne pouvais pas m’empêcher de venir déverser mon flot de colère sur le blog après notre inspection d’hier.

C’était la 3ème et déjà celle de trop. A-t-on encore le droit de penser et de faire différemment dans ce pays ? Où sont ceux qui sont assez tolérants pour laisser les autres être ce qu’ils veulent être ?

Vous l’avez deviné hein, l’inspection ne s’est pas bien passée. Non, elle ne s’est pas bien passée du tout. En fait, je me suis rendue compte à quel point nous pouvions vivre dans deux mondes complètement différents et j’ai beau faire des efforts pour me faire comprendre d’eux, pour m’intéresser à leur façon de penser, aller dans leur sens pour que nous puissions trouver un point de convergence, un point sur lequel on se retrouve après que chacun ait avancer, donner à l’autre. Non, eux ne se soucient pas de nous, ne s’intéressent pas à nous, ils sont cloitrés dans leur univers et pense détenir LA grande Vérité.

Je parle sur le coup de la colère et du ras-le-bol car je me suis rendue compte de tous les efforts mobilisés pour eux, pour leur plaire… en vain. Et quand on donne quelque chose à quelqu’un qui n’en a jamais assez, on s’épuise de ne jamais réussir à le satisfaire.

Vivre pour soi, vivre selon ses valeurs, ses principes et ses idées. C’est pour ces raisons que j’ai fais le choix de l’instruction en famille, pas pour copier l’école institutionnelle dans ma maison, mais pour créer notre école debout comme dirait ma mère, pour créer notre façon de pensée, pour innover, nous laisser le temps de partir à la découverte de nous-même, vivre dans le présent, le passé, le futur, vivre comme on en a envie. Et je me rends compte aujourd’hui, qu’à force de vouloir faire plaisir à l’Education Nationale, je me suis perdue de vue. J’ai fais des concessions que je n’avais pas envie de faire, j’ai cherché des méthodes, j’ai construit des projets, organisé des plannings, j’ai joué à l’adulte robot dans un monde cynique.

Je m’en veux d’avoir été naïve, de leur avoir fait confiance, de m’être dit « ils sont sympas s’ils voient qu’on fait un pas vers eux. » Alors qu’en fait, non. Non, pourquoi un pas, ils ne veulent pas qu’un pas, ils veulent qu’on les rejoigne, ils veulent qu’on suive les programmes, ils veulent qu’on atteigne les paliers, ils veulent qu’on parle anglais, qu’on fasse des frises chronologiques, qu’on fasse des dictées longues comme le bras, ils veulent des additions en colonne et des tables de multiplication par coeur, ils veulent des centaines, des dizaines et des unités, ils veulent des verbes au futur puis au passé, ils veulent des petits robots bien alignés surtout en avance, parce qu’on peut tolérer 40% de retardataires en CM2 avec leurs méthodes mais pas chez les gens avec d’autres méthodes. Ils croient savamment que tout est lié à eux et non pas à l’individu, peu importe son âge. Ils vont nous prendre la tête sur l’expression écrite pendant 1h puis dans 5 ans, ils mettront des tablettes dans les mains des enfants parce-que, vous comprenez Madame, le futur c’est l’ingénierie électronique.

Comme le disait très bien Einstein : « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » 

Je n’en peux plus d’avoir cette pression de l’école et de ses défauts sur les épaules. Je n’y mets pas mes enfants pour emprunter d’autres chemins. Je crois qu’il est sérieusement temps que je prenne rendez-vous avec moi-même pour faire le pour et le contre de tout cela. La liberté que j’ai de choisir est tellement immense que c’est une richesse. Comme disait une lectrice du blog, quand on fait du unschooling, on en vient à s’intéresser aux différentes pédagogies, on investit tel domaine, puis on passe à un autre. Ces derniers temps, je me suis prise de passion pour la pédagogie Waldorf Steiner mais je sens que cela s’essouffle.

J’aimerais revenir complètement à du unschooling. Ce qui est « drôle » c’est que ça m’arrive souvent au moins bon moment. Alors que je devrais formaliser encore plus les apprentissages pour leur faire plaisir, j’ai envie de faire complètement le contraire et revenir à l’essence de pourquoi on a fait ce choix là. Je ne veux plus accepter cette pression et je me battrai pour qu’on respecte nos choix. Nos enfants sont des êtres magnifiques et si mon boulot c’est de les défendre envers et contre tous pour leur donner cette chance de liberté, je le ferai.

Signée la maman louve qui montre les crocs (oui je sais je suis passée de l’oiseau à l’oursonne puis au loup maintenant, je crois que c’est mon animal totem  qui vient d’être révélée ^^)

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