Notre 5ème année d’instruction libre 3/3 : plus de temps et d’espace

Et voici le dernier article de cette série annonçant notre 5ème année d’école à la maison. Il n’était, au premier abord, pas prévu au programme. Et pourtant, il est essentiel. Essentiel car je me suis énormément concentrée sur notre programme « scolaire », mettant de côté l’important des sorties, du jeu libre. Et pourtant rien de ce programme ne fonctionnera si les enfants ne disposent pas assez de temps pour créer, imaginer, développer leurs compétences physiques, leur équilibre… Tous les jeux dans la nature renforcent le corps, les sens et toutes les qualités nécessaires pour grandir en bonne santé. Ce manque de temps et d’espace dans la nature provoquent de nombreux problèmes chez les enfants : moins de force, moins d’équilibre, une moins bonne vue, des sens moins aiguisés, des comportements agressifs, hyperactifs, des difficultés à utiliser leurs mains…

Les enfants ont besoin d’être dehors. De jouer. Jouer vraiment. Jouer avec leur corps, avec leurs sens, jouer librement. Tourner, danser, courir, explorer, patouiller, crier, sauter, grimper, chahuter. Se faire mal aussi, faire des erreurs. Ça fait partie du jeu. Et pour jouer vraiment, il leur faut deux choses essentielles : de l’espace et du temps.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Avant 4 ans, les enfants auraient besoin de passer 8h dehors quotidiennement ! Puis après au moins 4 à 5h. Alors, il y a dehors et dehors. Il y a les bons parcs, les bonnes aires de jeux qui stimulent les enfants, puis il y a celles qui sont trop sécurisées et peu stimulantes. Il y a les espaces avec des arbres, des balançoires qui s’envolent haut, des tapes-cul, des collines, la mer, des rochers, des ruisseaux, des flaques, … Puis il y a les lieux goudronnés, sans insectes, où il fait trop chaud l’été. Il y a les grandes forêts, les plaines, les montagnes, les rivières et les grosses vagues de l’océan… Le choix est vite fait ^^

Il y a les enfants qui ont le temps et ceux qui ont un planning hyper serré rempli par bien trop d’activités dirigées, laissant peu de place au jeu libre. L’école à la maison est une magnifique opportunité pour prendre ce temps mais cela ne signifie pas que toutes les familles se passant d’écoles optent pour plus de temps et d’espace. Je connais de nombreuses familles scolarisantes qui passent un temps précieux avec leurs enfants en leur offrant des heures de jeux dans un bon parc après l’école et du temps en extérieur les week-ends.

Dehors, il y a tellement d’avantages : le jeu est vraiment libre, l’extérieur stimule l’ensemble des sens, il inspire l’esprit, nourrit l’imagination, permet aux enfants de prendre des risques mesurés, renforcer leurs muscles, tester leurs limites, prendre confiance en eux et se reconnecter à leur instinct. Par ailleurs, les arbres ont des vertus relaxantes. Ils apaisent les émotions, calment les enfants (et adultes) nerveux. Ceux-là même qui, dès qu’ils le peuvent, vont se blottir contre les arbres en leur grimpant dessus :)

Depuis plusieurs années maintenant, les sorties dans des lieux qui favorisent le contact avec la nature sont les plus importantes pour moi. Il y a évidemment des journées où ça passe à la trappe et dans ce cas, il est important de laisser les enfants chahuter, danser, faire des batailles de coussins et des galipettes sur le lit. Même Charlotte Mason le préconisait : « Chaque jour, deux ou trois heures en plein air doivent être assurées et, lorsque cela n’est pas possible, la soirée doit se terminer par une danse informelle ou du chahutage. »

Nos temps de travail seront concentrés le matin pour laisser les après-midi complètement libres. De plus, nous travaillerons modérément une semaine sur deux afin de, là encore, offrir le temps aux enfants d’être dans des lieux qui nous reconnectent à notre propre nature, notre besoin intense d’être libre, de prendre notre temps, de ne rien faire s’il le faut, juste être là, se ressourcer, contempler. Si nous n’avons pas cette nourriture abondante de verdure, de jeu, de calme, nous ne pourrons rien apprendre d’autre en étant heureux de le faire. 

Il faut faire avec ce que nous sommes, se sentir en harmonie avec nos valeurs, en cohérence avec nos idées. Et être à l’écoute des enfants. Si les choix que je fais sont pour eux, pour leur bien, je ne peux pas complètement occulter leurs désirs. Je pense qu’ils ne savent pas tout mais je crois que je ne sais pas tout non plus. Alors, le compromis pour moi est là : je décide de la nourriture intellectuelle et je leur offre l’espace et le temps nécessaire pour qu’ils décident d’explorer à leur façon.

« Dans le jeu, l’ultime liberté est la liberté d’arrêter de jouer. » Peter Gray

Cette année, il n’y aura probablement pas d’activités « extrascolaires » pour Keyo. A chaque rentrée, j’insiste auprès de lui pour qu’il en choisisse une mais c’est toujours des activités qui n’existent pas : un cours de tir avec des pistolets NERF, un cours de fabrication de crêpes et dernièrement c’était un cours de toupies Beyblade… J’en passe et des meilleures, rien n’est jamais simple avec lui ^^ Du coup, je lui ai proposé de monter un club de fans de toupies pour organiser des combats car cela n’existe pas. J’aime sa créativité, le fait qu’il sorte toujours des clous. Mais parfois c’est fatiguant aussi. Bref, on ira sûrement faire un tour au forum des associations à la rentrée au cas où… Mon petit cheval sauvage aura peut-être un coup de coeur pour quelque chose ^^ Concernant Oléia, elle a fait un stage de cirque cet été et elle a adoré, elle aimerait en refaire donc on l’inscrira surement à l’année. Cela reste encore en réflexions car, c’est bête peut-être, mais parfois je trouve qu’avoir des activités nous empêchent de disposer de nos journées comme on le veut.

Je tiens vraiment beaucoup à la liberté… mais je crois que je l’ai déjà répété plusieurs fois n’est-ce pas ? :D

2 Replies to “Notre 5ème année d’instruction libre 3/3 : plus de temps et d’espace”

  1. Comme d’habitude ce que tu dis est très inspirant. Je discutais justement ce matin de l’importance du jeu, à la ludothèque. Et tu as raison, les enfants ont besoin de nature. En poussant à l’extrême, je rêverai d’avoir des enfants sauvages dans le sens qu’ils soient parfaitement dans leur éléments en forêt. Je ne doute pas que tes enfants auront un bon apport de jeu et de nature !

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