Apprentissages Etude de la nature

Kiwi la petite mésange ou faut-il laisser les oiseaux tombés du nid ?

Il y a quelques semaines, au cours du diner, j’aperçus par la fenêtre une minuscule boule noire au milieu du chemin face à chez nous. Je m’écris alors : « Les enfants, regardez il y a un oiseau minuscule ! »

Ni une, ni deux, Keyo s’élance pour vérifier et nous demande de venir. Nous découvrons un oisillon plumé qui s’ébat et tente de s’envoler. Nous levons la tête, cherchons le nid dans le grand sapin mais ne l’apercevons pas. Nous savons qu’il vaut mieux laisser un petit oiseau tombé du nid car ses parents continuent à venir le nourrir alertés par leurs petits cris.

Mais deux choses nous ont poussé à le prendre avec nous : le chat de notre voisin rôde toujours dans notre jardin et l’oiseau se trouvait en plein milieu de la route. Nous avons essayé de le placer dans une boite en hauteur sur l’arbre mais il arrivait à sautiller et tombait encore. Il se déplaçait mais ne savait pas encore voler. Nous nous sommes dit que ce serait sûrement l’affaire de quelques jours seulement…

Toutefois, nous ne savions pas vraiment comment nous en occuper et nous commettons alors notre première erreur : notre voisin sort de chez lui à ce moment-là et nous donne des conseils ; nous l’écoutons sans faire nos propres recherches.

Nous accueillons le petit oiseau, les enfants lui préparent un petit nid dans une boite avec le foin des poules. Ils attrapent tous les moustiques qui trainent et nous complétons cette nourriture avec un peu de pain trempé dans du lait…

La nuit se passe bien. Les enfants le prennent un peu dans les mains mais sont précautionneux et doux. Le lendemain matin, il va toujours bien mais quelques heures plus tard, nous assistons à sa petite mort en direct pile au moment où nous allions lui donner à manger un moustique fraichement attrapé. Il semble chercher son souffle et s’éteint sous nos yeux…

Nous ne comprenons pas ce qu’il s’est passé. Tout est arrivé si vite. Nous sommes tous silencieux, plein de culpabilité, sentant que nous avons failli à la responsabilité que nous avions décidé de prendre. Les enfants se renvoient la balle et sont profondément tristes et choqués. Même moi, je me sens très mal. Nous attendons. Comme si le petit oiseau allait se remettre à vivre mais sa petite vie est belle et bien finie… C’est beaucoup plus dur que ce que j’aurai pu l’imaginer. Les enfants l’enterrent et lui font une petite tombe. C’est aussi l’occasion de parler de la mort, du cycle de la vie bien sûr, mais surtout je sens qu’il ne faut pas qu’on en reste là.

J’entame les recherches que j’aurai dû faire avant même de décider de prendre le petit oiseau et comprend que nous avons mal fait.

  • Les oiseaux ont besoin d’un environnement d’une hygiène irréprochable. Nous nous lavions les mains régulièrement mais était-ce suffisant ?
  • On ne doit pas donner du pain et du lait aux oiseaux… alors que nous l’avons fait à plusieurs reprises…
  • Nous aurions dû tapisser sa petite boite plutôt de sopalin et non pas de foin, car il risquait de s’étouffer avec…
  • La trachée des oiseaux se situe au devant de l’intérieur de leur bec, c’est pourquoi il faut normalement leur donner à manger directement dans la gorge.

Etait-ce un problème d’hygiène, trop d’agitation autour de lui, le pain, le lait, une fausse route… Nous ne le savons pas vraiment mais nous savons maintenant que nous y réfléchirons à deux fois avant de prendre de nouveau cette responsabilité. Finalement, vu l’issue, n’aurait-il pas mieux valu laisser la vie faire son travail. Peut-être qu’il aurait échappé au chat, peut-être pas… Peut-être aurait-il évité les voitures, peut-être pas… Nous ne savons pas. En tout cas, je sais que mon premier réflexe si une autre occasion se présente sera de contacter la LPO immédiatement.

Nous réfléchissons également à nous former un peu mieux, nous équiper aussi en matériel, nourriture et médicament adaptés. Même si l’on sait maintenant que peu d’oisillons, une fois tombés du nid, s’en sortent, on peut tout de même apprendre et mettre plus de chance de notre côté.

C’était important pour moi de partager cette expérience car quand nous avons accueilli l’oiseau, j’ai posté une vidéo sur Instagram montrant ce petit oiseau tout mignon et je ne veux pas véhiculé une fausse idée comme quoi c’est facile. Nous l’avons appris à nos dépens et surtout aux dépens de la vie de ce bébé mésange.

Je vous encourage à lire ces quelques liens :

RIP petit Kiwi <3

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