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Charlotte Mason Etude de la nature Living books Sciences

Comment intégrer l’étude de la nature dans son école à la maison ?

Ces derniers mois, je me suis beaucoup impliquée dans l’étude de la nature afin d’en faire une matière fluide et naturelle dans notre emploi du temps. Autant être franche : ce n’est pas simple. Tenir un journal de la nature n’a jamais été quelque chose coulant de source chez nous, cela doit être rappelé (souvent) et mis au planning sinon il tombe dans l’oubli. Toutefois, une fois investi chacun y prend du plaisir. C’est au moins ça !

La nature occupe une place centrale dans la pédagogie Mason. Dans son volume 1, ce sont des dizaines et des dizaines de pages qui y sont consacrées. Logique, ce volume est destiné à l’instruction des moins de 9 ans et les premières années, Charlotte conseille d’emmener ses enfants chaque jour de nombreuses heures à l’extérieur.

Evidemment, on a tendance à associer étude de la nature avec journal de la nature mais le journal de la nature n’est qu’un support parmi d’autres activités possible à faire avec des enfants et j’avais très envie de faire un article pour rassembler tout cela.

Je vais donc vous présenter les différentes activités conseillées par Charlotte Mason pour développer son sentiment d’appartenance à la nature, former de bonnes habitudes et avoir des enfants en bonne santé. Par ailleurs, je vais en profiter pour vous présenter les derniers supports que j’ai créé pour accompagner cette étude.

Commençons par comprendre pourquoi c’est important ?

Pa l’étude de la nature, nous cherchons à former :

  • le caractère : habitudes d’attention, de précision et de concentration ; le respect de la nature, le sens de la beauté, le pouvoir d’imagination…
  • les connaissances : démarche scientifique, mise en relations entre les éléments, pouvoir de réflexion et de déduction.
  • un corps en bonne santé : des muscles vigoureux, un bonne oxygénation, la possibilité de crier et faire des « poumons forts », développer des compétences physiques (escalader, nager, courir, faire des roulades ou jouer à des jeux d’extérieur comme le football, le badminton, la corde à sauter, etc)…

Sortir.

D’abord, sortir. C’est la première chose à faire. Sortir le plus possible à la campagne, dans des lieux naturels variés : landes, prairies, rivières, lacs, forêts…

Ceux qui savent ce que c’est que d’avoir la peau fiévreuse et le cerveau palpitant délicieusement apaisés par le toucher frais de l’air sont enclins à établir une nouvelle règle de vie : ne soyez jamais à l’intérieur quand vous pouvez vertueusement vous en passer.

C. Mason, vol. 1, p. 42

Bien sûr, il y a des coins de nature en ville et récemment Scott D. Sampson a écrit un livre qui a plu à de nombreux parents : « Comment élever un enfant sauvage en ville« . Je ne l’ai personnellement pas lu mais soyons honnêtes, j’ai vécu quasiment toute ma vie en ville et avec les enfants nous avons pu observer des fleurs, des fourmis, des escargots, des oiseaux, des arbres et même des batraciens, mais les sorties dans une nature plus sauvage est parfaitement différente.

« Permettez-moi de répéter, ce que j’ose suggérer, n’est pas forcément réalisable dans toutes les familles, mais c’est ce qui me semble être absolument meilleur pour les enfants ; et que, de bonne foi les mères font des merveilles une fois qu’elles sont convaincues que ces merveilles sont une exigence. Un voyage de vingt minutes en train ou en bus, et un panier repas, permettront à la plupart des citadins de passer une journée à la campagne ; et si c’est possible un jour, pourquoi pas plus, même chaque jour de beau temps ? » Charlotte Mason, vol. 1, p. 44

Pour Charlotte Mason, les parents n’ont pas à divertir leurs enfants mais elle conseille tout de même de ne pas laisser ces journées se dérouler sans un peu de guidance. Elles sont constituées de plusieurs temps :

  • des jeux d’observation : demander aux enfants d’aller visiter un endroit et d’en rapporter le maximum de détails, ou encore l’activité de « peinture-image » donc j’ai déjà parlé sur ce blog. Elle parle également du grand intérêt que cela représente de « traquer les oiseaux » pour en apprendre plus sur leurs habitudes et connaître leurs chants. Je ne développerai pas ce dernier point dans cet article car il est déjà bien long ^^
  • des temps seuls, paisibles, de recueillement, avec « Mère-Nature ».
  • des temps plus sportifs : jeux de ballons, corde à sauter, badminton…
  • de petites leçons : 10 minutes pour une leçon d’anglais et un moment pour tenir à jour son journal de la nature.

« Visites guidées »

La mère demande : « Découvrez tout ce que vous pouvez sur cette petite maison au pied de la colline ; mais ne soyez pas indiscrets. » Et bientôt, ils sont de retour ; il y a une foule de visages excités, et dans un brouhaha, des observations aléatoires sont lancées à bout de souffle dans l’oreille de la mère. » (C. Mason, vol. 1)

Pour Mason, les sorties à la campagne sont l’occasion de former les habitudes de précision et d’observation mais aussi développer le vocabulaire de l’enfant et ses connaissances en sciences naturelles. Les enfants lancés dans la découverte d’un lieu devront rapporter tout ce qu’ils y ont vu : les fleurs, les arbres, les insectes… et donner leur nom ou les décrire le plus justement possible afin que leur mère puisse le leur faire découvrir.

Il n’y a pas « un million de pommes sur pommier » ni « une tonne de fourmis », toutes les feuilles ne sont pas « plates » et les arbres « grands ». Chaque fleur, chaque insecte, chaque plante, chaque arbre porte un nom et les enfants devraient les connaître.

« Peindre une image »

J’ai déjà parlé de cette activité facile à faire pour soi et avec les enfants dans cet article. Elle invite à développer son pouvoir d’observation et de visualisation, mais aussi de mémoire. C’est quelque chose que l’on fait assez naturellement : s’arrêter, regarder lentement, admirer. Mais on oublie parfois de fermer les yeux et peindre dans sa tête cette image que nous avions sous nos yeux ouverts quelques secondes plus tôt.

Là encore cette activité développe les capacités d’expression et de description, mais également de mémorisation. En fait, une des principales qualités de la pédagogie Mason est l’instauration d’habitudes qui vont fortifier le caractère. Elle prépare simplement et graduellement les enfants au travail formel car être concentré et attentif sont deux qualités indispensable à l’apprentissage de la lecture par exemple. Par ailleurs, pendant les temps de formel, de nombreuses activités font également appel à ces habitudes : toutes les étapes d’apprentissage de l’écriture (copie-transcription-dictée), la narration qui occupe une place à quasiment chaque leçon, le fait de travailler sur des temps courts également… Bref tout cela demande à être concentré, impliqué, attentif, rapide…

Le journal de la nature et le calendrier des premières fois

J’ai également déjà écrit un article sur ce sujet. Le Journal de la nature est un outil assez connu de la pédagogie Mason, si ce n’est le plus connu.

Voilà ce qu’en dit Charlotte Mason : « Dès qu’il est capable de le tenir lui-même, un journal de la nature est une source de joie pour un enfant. Chaque jour de promenade lui donne quelque chose à noter : trois écureuils dans un mélèze, un geai volant à travers tel champ, une chenille grimpant sur une ortie, un escargot mangeant une feuille de chou, une araignée tombant soudainement sur le sol, là où il a trouvé du lierre terrestre, comment il poussait et quelles plantes poussaient avec lui, comment le liseron ou le lierre réussit à grimper. » (C. Mason, vol. 1 p. 54)

Le calendrier des premières fois, quant à lui, peut s’intégrer au journal de la nature : il se présente sous forme d’un tableau et l’enfant tient une sorte d’inventaire des nouvelles observations qu’il fait chaque année : « la première feuille de chêne, le premier têtard, la première primevère, le premier chaton, les premières mûres, où et quand ils les ont vus. » (C. Mason, vol. 1 p. 54)

Voici l’exemple d’un journal de la nature :

Exemple journal nature Charlotte Mason

Lire des livres de naturalistes

Jean-Henri Fabre, Charles Darwin, Jacques Delamain, Anna Comstock Botsford… Voici quelques noms de grands naturalistes mais il en existe des centaines d’autres dont les nombreux ouvrages sont disponibles le plus souvent gratuitement sur différentes plateformes type Gallica.

Voici ce qu’en dit Charlotte Mason : « Les livres de naturalistes sont essentiellement utilisés pour donner à l’enfant un aperçu exquis des merveilles qui peuplent le monde dans lequel il vit, pour lui révéler toutes sortes de choses qu’un œil curieux se doit de voir, et susciter un désir irrépressible de se lancer dans ses propres découvertes. 

« Une mère devrait consacrer beaucoup de temps à ce genre de lectures non seulement pour transmettre des bribes d’information à ses enfants au hasard de leurs découvertes mais aussi pour être capable de répondre à leurs questions et les accompagner dans leurs observations. Toute femme, et pas seulement la mère, qui passe une à deux heures avec des enfants devrait être une experte en ce domaine. Les enfants adoreront une personne qui sait répondre à ce qu’ils veulent savoir. Et qui sait, le fait d’être au contact d’une telle personne pourrait donner un tournant à la vie d’un jeune esprit destiné à réaliser de grandes choses qui profiteraient au monde entier. » (C. Mason, vol. 1, p. 64)

Le scoutisme et des livres utiles

Charlotte Mason encourage également le scoutisme et elle cite le livre de Baden-Powell dans son premier volume : Le guide du scoutisme.

A ce propos, il existe quelques livres très utiles pour augmenter ses savoir-faire en milieu nature, je pense notamment à :

Selon vos intérêts, il existera sûrement d’autres guides qui iront plus loin sur une thématique en particulier. Personnellement, je trouve cela vraiment important de nous sentir plus libre de faire et de créer, de nous sentir capable et d’être plus débrouillard. Rien de tel qu’un petit campement sauvage et quelques tips de bushcraft pour se sentir vivant !

Un curriculum complet pour étudier la nature avec les enfants

Pour les personnes qui rêvent depuis des années d’une version francophone de « Exploring Nature With Children« , qui auraient besoin de se sentir guidées dans cette observation changeante de la nature, avoir des listes de living books en lien avec les explorations de la semaine, des leçons de choses toutes faites, des thèmes pour les sorties nature, des planches anatomiques, des activités additionnelles pour aller plus loin dans l’étude d’un sujet… et même avoir des textes de naturalistes tout prêts, j’ai créé deux supports pédagogiques :

  1. toute une partie expliquant pourquoi et comment étudier la nature avec les enfants, comment tenir un journal de la nature familial, le matériel nécessaire pour explorer et dessiner…
  2. 44 leçons réparties sur les 12 mois de l’année et organisées par saison. Vous pouvez suivre le manuel semaine après semaine ou bien piocher des idées chaque année au gré de vos envies.
  3. Pour chaque leçon, vous trouverez :
    • des informations à transmettre à votre enfant le plus possible « en situation »,
    • des objectifs pour vos balades hebdomadaires en lien avec le thème,
    • une planche pédagogique à colorier et compléter,
    • des conseils de livres,
    • des activités additionnelles.
  • Des mots pour se connecter à la nature. Il comprend 44 textes vivants écrits par des naturalistes internationaux. Vingt-trois textes d’Anna Botsford Comstock, grande naturaliste américaine ayant écrit « The handbook of nature Study », ont été traduits. A ceux-ci s’ajoutent des textes de Jean-Henri Fabre, Henri-David Thoreau, De Brevans, Milne-Edwards, Gallesio… Vous trouverez également des questions d’observation permettant de guider chaque étude, une liste de livres vivants portés sur les sciences naturelles et un soupçon de poésie.

Ces deux fichiers suivent la même trame, ils sont complémentaires : « Des mots pour se connecter à la nature » est vraiment une extension de textes vivants et de questions d’observation. Il permet aux parents de transmettre des connaissances à travers les mots d’hommes et de femmes de sciences ayant une plume magnifique et guider les observations avec de nombreuses questions.

N’hésitez pas à regarder en boutique le sommaire et quelques photos de l’intérieur, et n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions :

Le mot de la fin

Evidemment, Charlotte Mason en dit encore plus sur la façon dont la nature peut nous nourrir aussi bien physiquement que spirituellement. Je continue mon travail de traduction et j’ai vraiment hâte de bientôt pouvoir vous permettre d’accéder à la version du volume 1 en français. On s’active en coulisse mais je croise les doigts pour que d’ici cet été, la version française soit prête !

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